« Hey Neymar, il va falloir te déclarer ! » Voilà l’un des chants repris en chœur par les fans de Lula après la victoire de leur champion à la présidentielle brésilienne. Moins d’un mois plus tard, la star du PSG se retrouve au Qatar en tant que fer de lance d’une sélection auriverde avide de décrocher son sixième sacre planétaire. « Il est prêt, nous sommes extrêmement heureux du niveau de Neymar », a résumé son sélectionneur Tite en septembre.
Sur ce plan-là, il n’y a pas de débat. Ney a retrouvé sa forme d’antan. Étincelant sous les couleurs du PSG avec lequel il a inscrit 15 buts et délivré 12 passes décisives depuis le début de la saison, le N.10 et maître à jouer de la « Seleçao » arrive en pleine bourre comme l’illustrent ses huit buts en dix matches lors des éliminatoires sud-américains. « Le rendement technique des athlètes et professionnels extraordinaires est lié à leur rapidité de réflexion et d’exécution. La vitesse et l’exécution doivent être synchronisées, et dans son cas, elles le sont. Actuellement, il vole », s’était réjoui le sélectionneur brésilien Tite en septembre. Depuis, cela tient toujours.
« De nos jours, au Brésil, il est impossible de plaire à tout le monde«
Le hic est en fait ailleurs. Neymar est devenu un personnage clivant au Brésil. Et son soutien lors de la dernière élection à Jair Bolsonaro – l’ex-président d’extrême droite dont les quatre années de mandat ont rendu le Brésil plus divisé que jamais – est au cœur de ce constat. « Neymar a le droit de choisir qui il veut comme président. Mais je pense qu’il a peur que si je remporte l’élection, je saurai ce que Bolsonaro lui a pardonné (au sujet) de sa dette (en matière) d’impôt sur le revenu. Je pense que c’est pour cela qu’il a peur de moi« , avait même lancé Lula avant son élection mettant encore un peu en lumière ce soutien polémique.
Quelques semaines plus tard, rien n’a pas été oublié. « Nous ne pouvons pas parler de Neymar sans analyser le paysage politique brésilien en général, nous explique Alexandre Guariglia, reporter brésilien qui suit la « Seleçao » pour le quotidien LANCE. Le Brésil est politiquement divisé, près de 50 % pour chaque camp, toute personne qui prend position divisera les opinions, surtout Neymar, qui est une figure extrêmement importante. Je pense qu’il diviserait les opinions même s’il avait déclaré son soutien à Lula. N’importe quel sujet dans le domaine politique et idéologique aurait provoqué cette division

