Rugby : Vainqueur de la Champion’s Cup, Retour sur la folle ascension du Stade Rochelais

Le Stade Rochelais a conquis samedi soir à Dublin son deuxième titre consécutif de champion d’Europe, en s’offrant le Leinster en finale (26-27). Un exploit majuscule pour la formation arrivée dans l’élite française en 2015 seulement. Retour sur cette folle épopée.

« Ici, ici, c’est La Rochelle ! » Qui n’a pas envie de hurler ces mots à tue-tête après le deuxième sacre consécutif du Stade Rochelais en Champions Cup ? Acquis au bout du suspense dans la nuit dublinoise samedi face au redoutable Leinster (26-27), ce trophée relève du miracle, au vu du scénario fou de la partie. Menés 17 à 0 à la douzième minute de jeu, les partenaires de Grégory Alldritt ont signé un exploit en revenant dans le match et en renversant les Irlandais, déjà quatre fois titrés dans la compétition

Cette deuxième couronne relève du miracle, aussi – et peut-être surtout -, car cette formation est arrivée sur le tard dans l’élite française, après des années de galère en Pro D2. Retour sur cette folle épopée jaune et noire.

Le tournant de la présidence de Vincent Merling

Le club, fondé en 1898, doit beaucoup au travail de son président Vincent Merling, ancien troisième-ligne aile nommé à la tête du club en 1991 – un record de longévité. Lui croit à l’éclosion de son équipe au meilleur niveau et commence par réaliser des recrutements importants (Bouché, Cordazzo, Longo, Pujos, Loubère et Albinet arrivent par exemple d’Agen en 1997). Il ne rate pas le coche cette année-là quand le rugby passe professionnel, en s’entourant d’entreprises partenaires.

En Élite 1 de 1999 à 2001, puis une année en Top 16, avant de replonger en Pro D2 (2002-2010), la formation va construire son socle économique : Vincent Merling double la capacité d’accueil du stade Marcel-Deflandre (12 300 places) et fait monter ses soutiens financiers à 550 entreprises partenaires.

Le club reste aujourd’hui structuré de cette façon : 32 % des parts du club détenues par l’association du Stade Rochelais, huit actionnaires dans le conseil d’administration et 600 partenaires pour augmenter son budget.

« Par le passé, certains pensaient que notre système, à la fois économique et sportif, n’était pas à la hauteur des ambitions d’un grand club, expliquait Vincent Merling au Figaro en 2021. Il est aujourd’hui regardé de très près, parfois admiré. C’est une grande fierté. Notre système montre qu’il y a des possibilités de réussite ouvertes à beaucoup de clubs qui n’ont pas à leur tête un mécène. »

Ce changement de dimension permettra au club de passer un cap dans ses recrutements, en attirant des joueurs de classe mondiale, comme le troisième ligne Victor Vito (34 ans, 33 sélections), double champion du monde en 2011 et 2015 ; puis le demi de mêlée Tawera Kerr-Barlow (30 ans, 27 sélections), sacré, lui, en 2015.

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