Algérie : Arbadji, un ancien Moudjahid exclu du CSA/MCA

Qui peut mettre fin aux dépassements et autres transgressions dont est coupable l’administration chargée des sports au niveau de la wilaya d’Alger ? Sinon, comment expliquer qu’un moudjahid de la première heure, Mahmoud Arbadji soit exclu du CSA/MC Alger.

Mahmoud Arbadji, figure emblématique de la révolution de la Casbah d’Alger, moudjahid, condamné à mort, poseur de bombes et ancien détenu, ayant passé six années en prison (Serkadji, El-Harrach et Tazoult, ex-Lambèse), a été exclu depuis une année de l’assemblée générale du Club sportif amateur (CSA) Mouloudia club d’Alger (MCA) sans que personne ne lève le doigt pour dénoncer cet acte ignominieux.

A presque 90 ans, Mahmoud Arbadji est également un ancien boxeur qui a évolué sous les couleurs du Mouloudia durant la nuit coloniale, avant de sacrifier sa carrière sportive pour rejoindre la zone autonome et répondre à l’appel du devoir.

Si Mahmoud a été capturé par les parachutistes pour être torturé et emprisonné, ce n’était pas le cas pour son frère, le chahid Abderrahmane Arbadji qui a été exécuté par l’armée française.

Rappeler l’histoire, c’est rappeler le parcours de ce moudjahid, mais surtout dénoncer un acte répréhensible dont a été coupable la direction de la jeunesse, des sports et des loisirs (DJSL) de la wilaya d’Alger en début de l’année 2024 dans le ‘’cadre’’ d’une opération de mise en conformité de la composante de l’assemblée générale du CSA/MCA.

Evidemment, cette opération de toilettage a concerné près de 80 membres de l’assemblée générale, dont des anciens présidents, des membres d’honneur et des personnalités parmi lesquelles d’anciens joueurs ayant fait les beaux jours du doyen.

Pour se défendre, l’administration des sports a monté son argumentaire sur le fait que tous ces membres écartés posaient un problème d’éligibilité, ce qui est complètement faux pour bon nombre d’entre eux puisqu’ils avaient le statut soit de membres fondateurs, soit membres d’honneur, ou bien responsables de sections sportives voir d’anciens présidents ayant passé plus d’une année et ayant reçu leur quitus de l’assemblée générale.

Le cas de Mahmoud Arbadji est plutôt à part, puisqu’en sa qualité de moudjahid et d’ancien révolutionnaire, sa présence au sein de l’assemblée générale du CSA ne souffrait d’aucun inconvénient.

Mieux encore, en application de l’article 15 du décret exécutif n° 16-153 correspondant au 23 mai 2016 fixant les dispositions relatives aux dirigeants sportifs bénévoles élus, les conditions d’éligibilité des membres, ne sont pas applicables aux personnalités historiques du sport algérien durant la révolution de libération nationale. Cela s’ajoute aux lois en vigueur qui veillent rigoureusement sur le sort des glorieux révolutionnaires, tels que cités dans l’article 148 bis 1 du code pénal.

Mahmoud Arabdji, pour ceux qui connaissent bien le MCA, a été toujours un membre exemplaire et dévoué, n ratant jamais une assemblée générale, malgré le poids de l’âge et une santé fragile. Il a toujours tenu à ce qu’il soit accompagné aux rendez-vous du club algérois, prônant à chacune de ses interventions la sagesse, l’amour du club et la défense des seuls intérêts du Mouloudia.

Aujourd’hui, la famille du vieux club algérois attend toujours un signe des plus hautes autorités du pays pour réparer les injustices commises par la DJSL avec les complicités de cercles dont l’objectif était de mettre la main sur le club omnisports et ses 16 sections sportives.

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