Hommage : Mazigh Arab, mémoire vivante du football de Beni Mansour et toujours dans le match

Il est des hommes dont la trajectoire dépasse les simples lignes d’un parcours. Des hommes qui incarnent, à eux seuls, des valeurs devenues rares : la passion, la fidélité, la rigueur… et surtout cette flamme qui ne s’éteint jamais. Mazigh Arab est de ceux-là.

Né en 1953 au village de Beni Mansour, en Kabylie, Mazigh porte dans son prénom une promesse : celle de l’homme libre. Et toute sa vie, il n’a cessé de lui donner du sens. Libre dans ses choix, libre dans son engagement, libre dans sa manière de vivre le sport et les relations humaines. Un caractère bien trempé, parfois rugueux, mais toujours animé par une sincérité et une générosité profondes.

Très jeune, le ballon devient son compagnon. Sur les terrains de son village, il révèle un talent naturel : une technique fine, un toucher de balle élégant et une intelligence de jeu remarquable. Mais Mazigh ne s’arrête pas là. Il est un sportif complet. La course à pied lui forge un souffle exceptionnel, les arts martiaux lui inculquent discipline et maîtrise. Le karaté, en particulier, devient une véritable école de vie — une passion qu’il transmettra à ses quatre filles, aujourd’hui toutes d’excellentes karatékas.

Au début des années 70, il évolue à l’Olympique d’Akbou aux côtés de joueurs talentueux comme Chekri et Djari Rachid, lui aussi originaire de Beni Mansour. Il poursuit ensuite son parcours au Club Riadhi de Mchedellah, à une époque où le football ne suffisait pas à faire vivre ses passionnés. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, Mazigh doit quitter son village pour travailler.

Il rejoint Alger et intègre les chemins de fer. Contrôleur puis responsable des contrôleurs à la SNTF, il y consacrera plus de trente années de service, avec sérieux et engagement. Mais jamais il ne quitte le football. Il continue à jouer au sein de l’équipe sport et travail des chemins de fer, fidèle à sa passion.

Mazigh est aussi le témoin privilégié d’une génération exceptionnelle de footballeurs issus de Beni Mansour. Un vivier rare, où brillaient des talents comme Djari Rachid, redoutable canonier de l’Olympique d’Akbou, Bouali Mourad, attaquant d’exception au sens du dribble déroutant, père de Samy aujourd’hui à l’US Monastir, Abdenour Guenoun, milieu infatigable aux “trois poumons”, les frères Nacer et Mourad Larbi, véritables tours de contrôle de la JSB, Abdelkrim Makhlouf, défenseur polyvalent capable d’évoluer à tous les postes, Rachid Ziane, ailier rapide comme l’éclair, Younes Mhenni, passé par l’USM Alger, Fateh Lameche, le regretté Slimane Taoui, Yahi Malek, ainsi que Djamel Hebbal, devenu entraîneur et cadre du sport universitaire.

Et aujourd’hui encore… à 73 ans.

Mazigh est toujours là. Sur le terrain. Toujours prêt à taper dans le ballon avec les anciens du village, toujours prêt à défier les plus jeunes, à les provoquer avec malice, à les pousser à se surpasser. Connu pour son caractère de mauvais perdant, il reste avant tout un compétiteur dans l’âme. Chez lui, jouer n’est jamais anodin : c’est un engagement total, une passion intacte.

Mais au-delà du joueur, il y a l’homme. Le père. L’ami fidèle. Celui qui inspire par l’exemple, sans jamais chercher la lumière. Celui qui rappelle que la longévité est le fruit d’une hygiène de vie, d’une discipline, et surtout d’un amour sincère pour le mouvement et le sport.

Mazigh Arab n’est pas seulement un ancien joueur. Il est une mémoire vivante. Un symbole. Un modèle pour les générations d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Merci Mazigh. Pour ta passion. Pour ton énergie. Pour ton héritage.

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