Algérie : à qui profitent les fausses pistes sur le futur sélectionneur ? Le lobbying des réseaux sociaux est en marche

À peine quelques heures après l’annonce officielle du départ de Vladimir Petkovic, les réseaux sociaux ont été inondés de prétendues « révélations » sur le prochain sélectionneur de l’Algérie. Des dizaines de comptes anonymes, sans historique ni crédibilité journalistique, affirment que la FAF aurait déjà contacté plusieurs entraîneurs espagnols. Mieux encore, certains avancent des noms avec une assurance déconcertante, sans la moindre preuve.

Pourtant, aucune source sérieuse, aucun média reconnu et aucun journaliste disposant d’informations vérifiées n’a confirmé ces affirmations. Ces publications ressemblent davantage à une campagne d’influence qu’à un véritable travail d’information.

La question mérite donc d’être posée : à qui profitent ces rumeurs ?

Il est impossible d’affirmer qui se trouve derrière ces comptes ou quelles sont leurs motivations. En revanche, leur fonctionnement interpelle. Les mêmes informations sont relayées simultanément par plusieurs pages, souvent sans citer de source, créant artificiellement l’impression d’une information crédible. Une technique bien connue qui consiste à répéter une rumeur jusqu’à lui donner l’apparence d’une vérité.

Depuis le sacre mondial de l’Espagne et les succès récents des techniciens espagnols sur la scène européenne, notamment ceux de Luis Enrique avec le PSG, une véritable mode semble s’être installée : pour réussir, il faudrait obligatoirement recruter un entraîneur espagnol.

Cette vision est pourtant réductrice. Le football ne se résume pas à une nationalité. Ce sont les compétences, la personnalité, le projet de jeu et la connaissance de l’environnement qui font la différence, pas le passeport.

Le phénomène est encore plus frappant en Afrique, où de nombreuses fédérations continuent de développer un complexe d’infériorité en privilégiant systématiquement des techniciens étrangers, comme si la compétence ne pouvait venir du continent lui-même.

L’histoire prouve pourtant exactement le contraire.

L’Algérie a remporté ses deux plus grands trophées avec des sélectionneurs nationaux. En 1990, Abdelhamid Kermali conduisait les Verts vers leur premier sacre continental à domicile. En 2019, Djamel Belmadi écrivait l’une des plus belles pages de l’histoire du football algérien en remportant la CAN en Égypte.

Le Maroc offre également un exemple éclatant. En quatre ans seulement, les Lions de l’Atlas ont atteint une demi-finale de Coupe du monde sous Walid Regragui en 2022, avant de confirmer leur progression avec une qualification en quart de finale sous Mohamed Ouahbi en 2026. Deux performances historiques obtenues avec des entraîneurs marocains.

Ces exemples démontrent qu’il n’existe aucune fatalité. La réussite dépend d’un projet cohérent, d’une vision claire et d’un environnement stable, bien plus que de la nationalité du sélectionneur.

Aujourd’hui, la FAF doit choisir son futur sélectionneur avec sérénité, loin des campagnes orchestrées sur les réseaux sociaux. Les supporters algériens méritent des informations vérifiées, pas des rumeurs fabriquées pour orienter le débat public ou servir d’éventuels intérêts.

Le football algérien a suffisamment d’histoire et de compétences pour ne pas céder aux effets de mode. Avant de courir derrière une nationalité ou une tendance, il serait peut-être temps de rappeler une évidence : les plus grandes réussites des Fennecs ont été construites par des hommes qui connaissaient parfaitement le football algérien, sa culture et son identité.

Dans cette période de transition, une chose est certaine : la FAF ne doit pas se laisser dicter son choix par le bruit des réseaux sociaux. La nomination du futur sélectionneur doit répondre à des critères sportifs, et non aux campagnes d’influence qui fleurissent à chaque changement de cycle.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: