Par la rédaction de Shoot Africa
Alger – Le tableau d’affichage du stade Hocine-Aït-Ahmed de Tizi-Ouzou a fini par délivrer le public algérien. Menée, bousculée, l’Algérie a fini par renverser le Niger (2-1) ce mardi soir au terme d’un match intense. Si le contenu global de cette fenêtre internationale de septembre-octobre suscite légitimement des débats, ce succès au forceps offre une certitude : ce nouveau groupe a du caractère.
Trois matchs sans défaite pour lancer un cycle, c’est un bilan comptable honorable, mais le nouveau staff sait que le chantier du jeu reste immense.
Un apprentissage dans la douleur pour le nouveau staff
Juger un staff technique après seulement trois rencontres serait injuste et prématuré. Brahim Hemdani et ses adjoints ont pris les commandes d’une sélection en pleine transition générationnelle. Après la victoire inaugurale contre la Zambie (3-1) et le nul spectaculaire face au Burundi (2-2), ce succès face au Niger (2-1) prouve que l’équipe apprend à gagner, même dans la difficulté.
Cueillis à froid dès la 12e minute par l’ouverture du score de Konan N’Dri, les Verts n’ont pas paniqué. Le staff a su procéder aux ajustements nécessaires à la pause, matérialisés par l’entrée tranchante de Mohamed Bachir Belloumi, auteur de l’égalisation (53e), avant que Ramy Bensebaini ne plie l’affaire sur penalty (72e). Certes, l’animation offensive a parfois manqué de fluidité et le bloc défensif a montré des signes de fébrilité, mais la réaction mentale des joueurs est un signal fort pour l’avenir.
L’affaire Aït-Nouri : un parasite extra-sportif à gérer
Il faut également faire preuve d’indulgence envers le staff tant le contexte extra-sportif a pollué ce rassemblement. L’affaire Rayan Aït-Nouri a inévitablement déstabilisé le groupe. Les spéculations et les tensions autour du latéral gauche ont créé un bruit de fond négatif dans le vestiaire au pire des moments.
Gérer de tels feuilletons individuels demande du temps et de l’expérience managériale. Loin d’être épargné pour ses débuts, le staff a dû faire le dos rond et maintenir le cap malgré les secousses en coulisses, ce qui rend la victoire de ce soir encore plus précieuse sur le plan mental.
Les mots de Brahim Hemdani : lucidité et pragmatisme
En conférence de presse d’après-match, le sélectionneur national a fait preuve d’une grande lucidité, loin de tout triomphalisme :
« Plusieurs enseignements peuvent être tirés de ce match amical. C’était une situation initiale difficile et compliquée à renverser après ce but évitable concédé d’entrée. Sur le plan mental, l’équipe a su réagir, mais j’aurais aimé voir plus de situations offensives et davantage de maîtrise collective face à un bloc aussi bas. Il nous a manqué du tranchant. »
La patience comme maître-mot
Rome ne s’est pas construite en un jour, et la nouvelle identité de jeu des Fennecs ne naîtra pas en un seul rassemblement. Ce succès laborieux a le mérite de valider le travail dans la sérénité et d’éviter une crise de résultats. Le crédit du nouveau staff reste entier, mais les prochains mois devront servir à stabiliser la défense et à pacifier le vestiaire pour aborder les échéances officielles avec de vraies certitudes collectives.

