Le scénario est d’une cruauté absolue pour les jeunes Fennecs. Malgré une domination outrageuse tout au long de la rencontre, l’Algérie a été éliminée ce mercredi à Bakou par la Guinée lors de la séance des tirs au but (16es de finale). Mais au-delà de la déception sportive, une lourde polémique enfle déjà autour de la morphologie et de l’âge réel des joueurs guinéens.
Les Fennecs dominateurs mais punis
Sur la pelouse de Bakou, il n’y a pas eu photo dans le jeu. Les protégés de Karim Ziani ont dicté le tempo, confisqué le ballon et multiplié les vagues offensives face au bloc guinéen. Seulement, le football a ses vérités que la domination ne saurait garantir. Manquant cruellement de réalisme dans le dernier geste ou butant sur un gardien adverse en état de grâce, les Algériens n’ont jamais réussi à concrétiser leur nette supériorité.
Le score étant resté nul au terme du temps réglementaire, c’est la terrible loterie des tirs au but qui a tranché le destin des deux nations. À ce petit jeu, la réussite a fui les Verts, propulsant le Syli National en quarts de finale du Niveau A de ce Festival mondial de la FIFA.
Le physique des Guinéens au cœur des discussions
Si la défaite est difficile à avaler sur le plan tactique, c’est un tout autre débat qui enflamme les observateurs et les supporters algériens depuis le coup de sifflet final. Les images de la rencontre ont mis en lumière un contraste morphologique saisissant entre les deux formations. Gabarits impressionnants, puissance athlétique hors norme pour la catégorie : les doutes autour de l’âge des joueurs de la Guinée se sont immédiatement invités au centre des débats.
Dans une catégorie U15 théoriquement réservée aux adolescents nés en 2011 et 2012, les interrogations sont légitimes et ravivent les vieux démons des compétitions de jeunes sur le continent africain, souvent secouées par des scandales de fraude sur l’âge.
Que fait la FIFA ?
Pour ce tournoi expérimental à Bakou, la FIFA a pourtant imposé des protocoles d’éligibilité stricts. En principe, des tests d’imagerie par résonance magnétique (IRM) des poignets sont menés pour évaluer la maturité osseuse des participants et écarter les resquilleurs.
Pourtant, le doute visuel reste persistant et laisse un goût amer côté algérien. Pour l’heure, la Fédération Algérienne de Football (FAF) n’a déposé aucune réserve officielle auprès des instances de la FIFA. Sur le papier, la Guinée poursuit sa route, mais sa victoire restera, aux yeux de beaucoup, entachée par cette éternelle suspicion. Les Fennecs, eux, quittent l’Azerbaïdjan la tête haute, avec la certitude d’avoir produit le plus beau football.

