Les travaux de la 14ème Assemblée générale extraordinaire, qui s’est déroulée ce mercredi 12 mars 2025 au Caire, a été réglée comme du papier à musique portant le Dr Patrice Motsepe à la tête de la CAF pour un second mandat (2025-2029).
L’Afrique du football reste un cas unique, surtout depuis 2021 où la FIFA avait intervenu pour remettre de l’ordre pour redistribuer les cartes et les rôles.
Le dossier Afrique avait débuté avec l’installation de l’ex-secrétaire générale de la FIFA, la sénégalaise Fatma Samoura, pendant six mois pour mener un audit approfondi qui débouchera sur une feuille de route qui sera exécutée à Rabat, en mars 2021, après une tournée de Gianni Infantino dans plusieurs pays du continent dans sa quête de donner les grandes orientations pour le mandat 2021-2025.
Depuis, la machine est déjà lancée et le second mandat de quatre ans du Dr Patrice Motsepe s’inscrit tout droit dans la même lignée, comme vient de le confirmer la 14ème Assemblée générale extraordinaire de la CAF.
Sur son site officielle, l’instance du football continental souligne que la ‘’réélection de Motsepe intervient après un premier mandat largement salué pour avoir stabilisé les finances de la CAF et renforcé son profil mondial’’.
Le mot magique, ‘’finances’’, a et aura toujours de l’effet puisque la CAF vient d’établir plusieurs nouveaux records lors de la CAN 2023 en Côte d’Ivoire, en attirant 1,4 milliards de téléspectateurs à travers le monde’’.
La cotation financière de la CAN n’est pas la seule, puisque d’autres compétitions comme la CAN féminine et la Ligue des Champions des clubs ont connu également des augmentations significatives, ce qui s’est traduit par des dividendes que la CAF de Motsepe renverse aux associations membres, ses Unions zonales et ses officiels qui ont vu leurs indemnités grimper sensiblement. Tout comme l’Association des clubs africains (ACA), dont le siège sera à Rabat au Maroc, avec qui Motsepe a signé, mardi, une Convention historique comprenant un apport financier sous forme de contribution solidaire de 50 000 USD pour chaque club participant aux compétitions interclubs.
Le magnat sud-africain de 63 ans compte rendre, durant ce nouveau mandat, ‘’le football africain compétitif au niveau mondial, de stabiliser les finances et d’investir dans les infrastructures’’ a-t-il déclaré.
Et puis, il y a cette Coupe du Monde 2030 qui se profile à l’horizon et qui, pour Motsepe, est également une victoire pour l’Afrique où le Maroc, qui organisera conjointement avec l’Espagne et le Portugal, sera le deuxième pays du continent, après l’Afrique du Sud en 2010, à accueillir le plus grand événement planétaire du football.
D’ici cette échéance, le Maroc sera l’une des places fortes du continent, vu que ce pays s’apprête déjà à abriter deux CAN cette année 2025 (féminine en juillet et masculine en décembre 2025 et janvier 2026), cinq Coupes du Monde des U17 féminines (de 2025 à 2029) et bien d’autres événements, comme accueillir 12 matchs des éliminatoires de la Coupe du Monde 2026 durant ce mois de mars !
C’est dans ce contexte que Motsepe va tenter de préserver son leadership face à un Fouzi Lekajaâ qui, en réalisant un raz-de-marée en récoltant 49 voix lors du vote pour le Conseil de la FIFA ce mercredi au Caire, est en passe l’un des hommes forts et hégémoniques du football continental.
Et c’est dans ce même contexte que le président de la Fédération algérienne de football, Walid Sadi, fait son entrée – comme candidat unique de la Zone UNAF – au Comex de la CAF. Un retour de l’Algérie, depuis 2017 et la sortie sans gloire de Mohamed Raouraoua, salué comme un grand acquis au pays des Fennecs, mais dont les observateurs avertis espèrent qu’il ne sera pas juste une fin en soi ou pour de la simple figuration, vu que les véritables enjeux et centres de décision sont ailleurs.
Quant au Conseil exécutif de la FIFA, c’est sans surprise que le marocain Fouzi Lekjaâ, le nigérien Djibrila Hima Hamidou dit ‘’Pelé’’, le djiboutien Souleymane Wabiri, l’égyptien Hani Abo Rida, le mauritanien Ahmed Ould Yahia et la comorienne Kanizat Ibrahim feront leur entrée, renforçant davantage le Clan qui a passé tout récemment le ‘’pacte de Nouakchott’’.
L’avenir dira si les forces en présence sauront dépasser les clivages, loin des sourires de façade, et si la CAF entamera un véritable changement en profondeur où le débat et la démocratie reprendront leur droit dans la prise de décision loin des assemblées passives et goupillées à l’avance.

