Football Algérien : Critiquer n’est pas comploter, pour une lecture saine du débat autour de Petkovic

Il est urgent de rétablir une vérité fondamentale dans l’espace public algérien : la critique ne signifie pas hostilité. Depuis la nomination de Vladimir Petkovic à la tête des Verts, toute observation un tant soit peu critique est immédiatement qualifiée de « campagne » ou de tentative de déstabilisation. Cette posture est non seulement dangereuse, mais surtout contre-productive pour le développement du football algérien.

Il n’y a aucune campagne anti-Petkovic, mais bel et bien un débat légitime, centré sur des choix techniques et des décisions de sélection qui interpellent. L’absence remarquée de jeunes talents comme Mohamed Boulbina ou Badredine Bouanani, combinée à la persistance dans la convocation d’éléments en méforme ou sans réel apport, suscite naturellement des questions. Et poser ces questions ne fait pas de leurs auteurs des « ennemis » ou des saboteurs.

Parler de « violente campagne » revient à délégitimer ce débat public, à criminaliser l’opinion, à ostraciser ceux qui exercent leur droit – voire leur devoir – de questionner. C’est une stratégie bien rodée : faire taire la critique en la repeignant comme malveillante, en enfermant tout questionnement dans une logique de complot.

Retour en arrière : l’ère Belmadi, un autre visage du traitement médiatique

Ce qui est paradoxal – et révélateur – c’est que sous l’ère Djamel Belmadi, les critiques n’étaient pas du tout étouffées. Bien au contraire. Une large partie des médias algériens s’en donnaient à cœur joie pour déconstruire systématiquement ses décisions, remettre en cause chaque initiative, y compris les plus constructives. Le débat était parfois vif, excessif, mais il avait le mérite d’exister – et d’être toléré.

Depuis l’arrivée de Petkovic, un revirement à 180 degrés (et non 360) s’est opéré : ceux-là mêmes qui critiquaient avec virulence Belmadi sont devenus soudainement d’une docilité étonnante, voire complaisante, vis-à-vis du nouveau sélectionneur. Ce changement de ton interroge. Pourquoi ce silence ? Pourquoi cette crainte de poser des questions ? Pourquoi cette courbette permanente ?

Il ne s’agit pas ici de défendre Belmadi, ni d’attaquer Petkovic. Il s’agit de défendre une idée du football national, ancrée dans l’exigence, la transparence et l’objectivité. Quand on empêche la critique, on empêche la progression. Quand on travestit le débat en complot, on refuse la confrontation d’idées, si essentielle au sport comme à la démocratie.

Le football appartient au peuple

Le football n’est pas un sanctuaire technocratique réservé à quelques initiés. Il appartient au peuple, aux passionnés, aux observateurs, aux anciens joueurs, aux journalistes honnêtes, à tous ceux qui aiment profondément ce jeu. Refuser leur voix, c’est fracturer le lien entre l’équipe nationale et sa base.

Tenter d’imposer le silence par des accusations dramatisées, c’est prendre un risque politique et populaire. La fracture entre le discours officiel et la réalité perçue grandit de jour en jour. Et à ce rythme, la facture sera salée.



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