À Rabat, la République démocratique du Congo a vécu une nuit historique. Au terme d’un match irrespirable, d’abord conclu sur un score de 1–1, puis sur une séance de tirs au but haletante, les Léopards ont éliminé le Nigéria (4–3 t.a.b) et se rapprochent plus que jamais d’une deuxième participation à la Coupe du Monde, 50 ans après 1974.
Et si ce match restera dans la légende congolaise, un nom brillera en majuscule : Chancel Mbemba, auteur du penalty décisif.

Un début de match cauchemardesque, puis la révolte
La finale des barrages africains n’a pas tardé à s’emballer. Après seulement trois minutes, une intervention manquée de Masuaku débouchait sur une frappe d’Onyeka déviée par Tuanzebe, permettant aux Super Eagles de prendre l’avantage (1–0). Cueillis à froid, les Congolais ont d’abord souffert avant de reprendre le fil du match.
À la 32e minute, après une belle action collective, Bakambu centrait pour Elia, qui profitait d’une erreur de Ndidi pour battre Nwabali et remettre les deux équipes à égalité (1–1). Une égalisation qui a provoqué la frustration d’un Victor Osimhen diminué, remplacé dès la mi-temps par Akor Adams.
Les Léopards dominateurs, mais frustrés
La seconde période a été largement dominée par le Congo-Kinshasa. Eric Chelle, contrarié par le manque d’impact de ses attaquants, sortait Lookman et Chukwueze avant l’heure de jeu, sans que le Nigéria ne parvienne à cadrer le moindre tir après la sortie d’Osimhen.
Du côté congolais, les entrées de Cipenga et Mayele ont redonné de l’allant offensif, sans pour autant faire céder le bloc nigérian. Direction donc les prolongations…
Un Fayulu inspiré, un Mbemba monumental
Poussés par leur coach Sébastien Desabre, les Congolais ont continué d’accélérer en prolongation. Sur un centre de Balikwisha, Sadiki pensait inscrire le but de la qualification, mais l’arbitre annulait l’action pour une faute (108e). À la 121e minute, Chancel Mbemba déposait une tête victorieuse, mais Nwabali sortait une parade miraculeuse pour repousser l’inévitable… pour un temps seulement.
Desabre choisissait alors un coup de poker : sortir Mpazi pour faire entrer Timothy Fayulu juste avant la séance de tirs au but. Un choix gagnant : Fayulu stoppait la tentative de Moses Simon, puis réalisait l’arrêt décisif.
Malgré deux parades de Nwabali sur Moutoussamy et Tuanzebe, le destin basculait à l’avantage de la RDC. Et c’est Chancel Mbemba, capitaine, symbole, guerrier, qui s’avançait pour frapper le tir de la victoire.
Son missile à ras de terre, imparable, offrait la qualification aux Léopards et plongeait tout un peuple dans l’extase.
Le rêve mondial… à une marche
Avec cette victoire, la RDC disputera en mars prochain le tournoi intercontinental au Mexique, ultime étape avant le Mondial 2026. Un défi immense… mais après avoir sorti le Nigéria, rien ne semble impossible à cette équipe habitée.
Les Léopards n’ont jamais été aussi proches de retrouver la Coupe du Monde.
Et si le destin devait se jouer sur un homme, une date, un moment… ce soir, le nom gravé dans l’histoire est celui de Chancel Mbemba.

