Il y a des dĂ©clarations qui passent⊠et dâautres qui laissent des traces. Samir Nasri vient clairement de ranger sa rĂ©ponse dans la seconde catĂ©gorie.
InvitĂ© Ă trancher entre une victoire de lâOM en Ligue des Champions et un sacre historique de lâAlgĂ©rie en Coupe du monde, lâancien chouchou du VĂ©lodrome nâa pas tremblĂ© une seconde. Et le verdict risque de faire mal Ă plus dâun supporter olympien.
đ « LâAlgĂ©rie qui gagne la Coupe du monde », sans hĂ©sitation.
Une phrase, un choix, et une onde de choc.
âȘđ” Un enfant de lâOM⊠mais pas jusquâau bout ?
FormĂ© Ă lâOlympique de Marseille, lancĂ© en professionnel dĂšs 2004, Samir Nasri a longtemps incarnĂ© lâespoir du club phocĂ©en. 166 matches sous le maillot olympien, une technique soyeuse, une identitĂ© marseillaise revendiquĂ©e⊠du moins en apparence.
Car si Nasri nâa jamais reniĂ© lâOM, il vient de rappeler que son cĆur ne bat pas uniquement en bleu et blanc. Issu de parents algĂ©riens, lâancien international français assume pleinement son attachement Ă lâAlgĂ©rie, quitte Ă froisser une partie de son public historique.
đ « LâOM a dĂ©jĂ gagnĂ©, lâAlgĂ©rie non » : lâargument qui divise
Sa justification, livrée à Instant Foot, est limpide⊠mais terriblement clivante :
« Ăa serait la premiĂšre nation africaine Ă gagner une Coupe du monde. LâOM, on a dĂ©jĂ gagnĂ© une Ligue des Champions. Donc ça va. »
Sur le fond, lâargument se tient. Sur la forme, il passe beaucoup moins bien Ă Marseille.
Pour de nombreux supporters, la Ligue des Champions 1993 appartient au passĂ©, presque Ă une autre Ă©poque. RĂȘver dâun nouveau sacre europĂ©en reste une obsession intacte, surtout dans un club qui vit autant de dĂ©sillusions que de passions.
Alors entendre lâun des enfants du club relativiser ce rĂȘve⊠ça pique.
đĄ Trahison pour les uns, sincĂ©ritĂ© pour les autres
Sans surprise, les réactions sont partagées.
- â Pour certains Marseillais, Nasri vient de commettre lâimpensable : placer une nation Ă©trangĂšre au-dessus de lâOM, le club qui lâa rĂ©vĂ©lĂ©.
- â Pour dâautres, il nây a rien de choquant : il sâagit dâun choix Ă©motionnel, culturel, presque historique, et non dâun reniement.
Mais dans une ville oĂč le football est une affaire de tripes, ce genre de nuance passe rarement inaperçu.
đ Samir Nasri, toujours lĂ oĂč ça fait parler
Depuis sa retraite en 2020, Samir Nasri nâa jamais vraiment quittĂ© le devant de la scĂšne. Consultant, intervenant mĂ©diatique, grande gueule assumĂ©e⊠il continue de faire rĂ©agir, parfois malgrĂ© lui.
Cette sortie en est une nouvelle preuve : Nasri reste fidĂšle Ă lui-mĂȘme, quitte Ă bousculer ceux qui lâont adulĂ©.
Ă Marseille, on nâoublie jamais vraiment.
Et surtout, on ne pardonne pas toujours.

