Depuis que le nom d’Antar Yahia circule parmi les candidats susceptibles de succéder à Vladimir Petkovic à la tête de la sélection algérienne, les réseaux sociaux sont devenus un véritable champ de bataille.
En quelques heures, chacun y est allé de son avis. Certains voient en lui l’homme de la situation, d’autres le rejettent sans même prendre le temps d’analyser son parcours. Plus inquiétant encore, une certaine catégorie de médias semble avoir trouvé un nouveau sport : discréditer systématiquement tous ceux qui osent travailler, se former et avancer.
Chez Shootafrica, nous ne faisons campagne pour personne.
Nous ne distribuons ni certificats de compétence ni condamnations hâtives. Notre seul parti pris est celui des faits.
Et les faits sont parfois beaucoup plus éloquents que les commentaires anonymes.
Nous avons consulté le CV actualisé d’Antar Yahia. Un document qui raconte l’histoire d’un homme qui, une fois les crampons raccrochés, n’a pas choisi la facilité.
Au lieu de vivre éternellement sur son but historique d’Omdurman ou sur son statut d’ancien international, il a décidé de retourner à l’école.
Oui, à l’école.
Pendant que beaucoup se contentaient de commenter le football sur les plateaux de télévision, Antar Yahia enchaînait les formations universitaires, les diplômes de management sportif, les certifications d’entraîneur et les expériences de terrain.
Manager général de l’US Orléans, directeur sportif de l’USM Alger, directeur de l’académie du Spartak Moscou, directeur du développement de la Confédération Africaine de Football, entraîneur dans différentes catégories à Angers SCO, entraîneur adjoint en National… son parcours démontre une volonté constante d’apprendre tous les métiers du football.
Plus impressionnant encore, son investissement dans la formation.
Diplôme universitaire de gestion des organisations sportives.
Diplôme universitaire de manager général de club professionnel.
Brevet UEFA A.
Master professionnel de périodisation tactique inspiré des travaux de Vítor Frade.
DESJEPS Football.
Et désormais une admission à la très sélective formation UEFA Youth Elite A de la Fédération Française de Football.
Peu d’anciens internationaux algériens peuvent aujourd’hui présenter un tel cursus académique.
Faut-il pour autant le nommer automatiquement sélectionneur national ?
Évidemment que non.
Le poste de sélectionneur est probablement le plus exigeant du football algérien. Il nécessite une vision, un projet, une personnalité capable de gérer une pression populaire permanente.
Mais une autre question mérite d’être posée.
Pourquoi un homme qui a consacré près de dix ans à se former, à obtenir des diplômes reconnus, à occuper des fonctions de direction et à gravir progressivement les échelons du métier n’aurait-il même pas le droit d’être considéré comme un candidat crédible ?
Pourquoi certains sont-ils célébrés pour leur parcours alors que d’autres sont systématiquement dénigrés avant même d’avoir présenté leur projet ?
Le football algérien gagnerait peut-être à sortir de cette logique où les réputations se construisent sur les réseaux sociaux plutôt que sur les compétences.
Antar Yahia n’a peut-être pas encore le profil idéal. D’autres candidats peuvent avoir davantage d’expérience au plus haut niveau. C’est un débat parfaitement légitime.
En revanche, personne ne peut honnêtement lui retirer le mérite d’avoir travaillé, étudié et construit méthodiquement sa reconversion.
Les diplômes ne garantissent jamais la réussite. Mais leur absence ne garantit pas davantage le talent.
À l’heure où la Fédération algérienne devra prendre une décision capitale pour l’avenir des Fennecs, une seule chose paraît indispensable : juger les candidats sur leur parcours, leurs compétences et leur vision du football, et non sur les préjugés ou les campagnes de dénigrement.
Chez Shootafrica, nous continuerons à défendre cette idée simple : dans le football comme ailleurs, les CV méritent d’être lus avant que les verdicts ne soient prononcés.

