Akhona Makalima (AFSUD) : “La Coupe du Monde est une compétition qui exige le dépassement de soi.”

Elles étaient neuf à officier à la Coupe du Monde Féminine de la FIFA, Australie & Nouvelle-Zélande 2023 ™. Sept arbitres africaines ont pris part à la grand-messe du football féminin. 

Et parmi elles, la Sud-africaine Akhona Makalima qui dans un entretien exclusif avec CAFOnline partage son expérience.

Quelle a été votre première réaction lorsque vous avez appris que vous alliez participer à la Coupe du Monde Féminine ?

J’étais tellement émue, tellement reconnaissante de me dire qu’enfin, mon travail acharné portait ses fruits et que j’avais été sélectionnée pour la plus grande compétition de football féminin au monde. C’était un jour heureux pour moi, pour ma famille et pour le pays.

Comment décririez-vous le sentiment et la pression liés à la participation à ce Mondial féminin ?

Je n’avais pas vraiment de pression, mais j’avais hâte de rencontrer les autres officiels et d’apprendre d’eux, de prendre en expérience et d’être formé par l’un des meilleurs instructeurs au monde, Pierluigi Collina.   

Je me suis également dit qu’il fallait que je prenne les choses au jour le jour, une séance à la fois, afin de ne pas me sentir surmené. Je n’ai pas eu l’impression d’être débordée ou d’avoir une charge de travail trop importante. J’ai suivi les conseils que l’on m’a donnés et j’ai cherché à les intégrer immédiatement. En Coupe du Monde, vous ne pouvez pas commettre d’erreurs. On veut être le meilleur.

Vous n’en êtes pas à votre première expérience internationale, le fait d’avoir déjà officié dans de grandes compétitions internationales a-t-il facilité les choses ?

Effectivement ! Ce n’était pas ma première expérience internationale, mais c’était la plus grande compétition à laquelle j’ai participé dans ma carrière, puisqu’il s’agissait d’une Coupe du Monde féminine senior. Les attentes sont plus élevées. Chaque détail compte, les préparations sont plus importantes et plus difficiles. Les séances d’entraînement, les séances techniques, les séances théoriques, tout est vraiment difficile. Cette compétition exige le meilleur de soi. Vous devez être au top physiquement et mentalement. Le niveau est très exigeant, car plus on monte, plus c’est difficile.

Comment jugez-vous le niveau des arbitres féminines sur le continent africain ?

Le niveau des arbitres féminines sur le continent est incroyable. Nous avons vraiment d’excellentes officielles en Afrique, et je pense que nous devons nous en réjouir. Je pense que nos arbitres comprennent le football, car de nos jours, tout est question de compréhension du football et de la meilleure façon de gérer le jeu. L’’Afrique a prouvé qu’elle disposait d’arbitres de qualité. Vous avez vu comment nos sœurs se sont comportées à la Coupe du Monde. Nous pouvons donc être fiers de l’Afrique et nous devons remercier la CAF et nos fédérations pour les opportunités qu’elles nous ont offertes.

Quels sont les derniers obstacles au développement de la pratique pour les femmes arbitres sur le continent ?

Je pense que le plus important est d’avoir plus de temps de jeu régulier, plus de confiance dans les femme-arbitres. Les opportunités sont là pour nous, plus nous travaillons dur, plus nous ouvrons de portes aux jeunes arbitres. Les structures de développement mises en place par la CAF sur le continent sont les mêmes que celles mises en place pour nos homologues masculins. Il s’agit donc de s’assurer que, lors de la transition, nous avançons au même rythme et que nous n’avons pas peur lorsque une occasion se présente.

Quelles sont les frustrations que vous rencontrez encore en tant que femme arbitre ?

Les gens remettront toujours en question votre existence en tant que femme-arbitre. Ils doutent de vos compétences et de vos capacités. Ils vous verront toujours comme un être inférieur. Mais pour moi, ce n’est pas vraiment une frustration, c’est une question d’ouverture d’esprit. Le monde change et nous devons changer avec lui. Ne me jugez pas sur le fait que je suis une femme. Jugez-moi sur mes performances, car mon travail ne consiste pas à savoir si je suis une femme ou un homme, mais à obtenir de bonnes performances et des résultats.

Avez-vous un conseil à donner aux femmes arbitres en herbe sur le continent africain ?

Je dirais simplement : foncez ! Ayez confiance en vos qualités. Ayez confiance en vos compétences, en votre personnalité, car personne ne peut être à votre place et c’est ce qui devrait être votre plus grand atout.

Si vous voulez être le plus performant possible, commencez dès maintenant à travailler dur et assurez-vous d’être toujours la personne qui travaille le plus dur dans la pièce.

Vous ne devez jamais regarder par-dessus votre épaule. Si vous voulez rivaliser avec quoi que ce soit ou avec qui que ce soit, regardez simplement la personne dans le miroir. C’est votre plus grand concurrent. Regardez cette personne tous les jours et essayez d’être une meilleure version de vous-même tous les jours. Vous devez toujours avoir un plan et vous assurer que vous vous améliorez.

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