Algérie : Chiakha, toujours sur le banc, faut-il encore attendre pour le voir à l’œuvre ?

Par Yassine Bouali – ShootAfrica.com

Convoqué à plusieurs reprises avec l’équipe nationale d’Algérie, l’avant-centre du FC Copenhague, surnommé Chiakha, reste un mystère pour les supporters et les observateurs du football algérien. Depuis ses premières apparitions dans la liste des sélectionnés, il n’a toujours pas disputé la moindre minute avec les Fennecs. Une situation d’autant plus incompréhensible qu’il évolue à un poste – celui d’avant-centre – devenu particulièrement sensible depuis la fin de parcours d’Islam Slimani.

Un choix technique qui intrigue

L’Algérie vient de disputer deux rencontres amicales, notamment celle spectaculaire face à la Suède, conclue sur une défaite frustrante (4-3), après avoir remonté trois buts de retard. Dans ce contexte, Baghdad Bounedjah est entré en seconde période mais a gâché trois occasions franches dans la surface, privant l’Algérie d’une égalisation méritée – voire d’un retournement complet de situation.

Pendant ce temps, Chiakha, pourtant présent dans le groupe depuis plusieurs rassemblements, n’a pas été appelé une seule fois à s’échauffer. Pas une minute de jeu, pas une explication. Et pourtant, il avait été présenté lors de sa première convocation comme un joueur « à part », un avant-centre au profil rare, capable d’apporter un souffle nouveau à une attaque parfois stérile.

Dès lors, une question légitime se pose : pourquoi le convoquer si ce n’est pas pour l’essayer ? Et qui, au sein du staff technique ou de l’entourage fédéral, a poussé pour sa présence en sélection ?

Une gestion opaque et peu lisible

Le cas Chiakha révèle une gestion trouble des jeunes talents binationaux ou expatriés. Si le joueur est jugé assez bon pour être sélectionné à plusieurs reprises, dans un groupe où l’attaque peine à se renouveler, pourquoi ne pas lui offrir la moindre opportunité de s’exprimer, notamment lors de matchs sans enjeu ?

Dans l’esprit des supporters, le flou persiste : est-il vraiment intégré au projet sportif de l’équipe nationale, ou n’est-il là que pour remplir une liste ? À force d’observer cette absence prolongée sur le terrain, certains s’interrogent sur l’existence de logiques extra-sportives : piston, pari manqué, ou simple méfiance du staff ?

Un besoin urgent de clarté et de courage

Il est temps d’être clair. Si Chiakha a mérité sa place dans ce groupe, alors il faut lui donner une chance. Un vrai test, une mi-temps, vingt minutes, peu importe — mais qu’il ait l’occasion de montrer ce qu’il vaut. Car dans le football de haut niveau, la confiance passe aussi par les actes. À l’inverse, si les choix du staff technique se dirigent définitivement ailleurs, il serait plus honnête de ne pas prolonger cette convocation fantôme.

Alors que l’équipe nationale entre dans une nouvelle phase de transition avec l’émergence d’un noyau jeune autour de Boudaoui, Aït Nouri ou Amoura, l’avenir de l’attaque algérienne mérite plus qu’une gestion hésitante et opaque. Les supporters veulent du concret. Ils veulent du mérite. Et ils veulent des choix assumés.

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