Alors que le Paris Saint-Germain, sous la houlette de Luis Enrique, démontre avec éclat que la jeunesse n’est pas un pari risqué mais un levier de performance, la Fédération algérienne de football (FAF) adopte une politique inverse et incompréhensible, en supprimant la catégorie U23. Résultat : une génération prometteuse, notamment celle des nés en 2004, se retrouve brutalement mise de côté, sans perspectives ni accompagnement structuré.
L’exemple du PSG : la jeunesse au cœur du succès
Cette saison, le PSG a frôlé un triplé historique, avec une équipe largement remaniée, pleine de visages nouveaux et de joueurs issus du centre de formation ou fraîchement recrutés avant 21 ans : Warren Zaïre-Emery, Bradley Barcola, Xavi Simons, Kang-In Lee ou encore Lucas Beraldo. Plutôt que de surévaluer l’expérience, Luis Enrique a misé sur le talent, l’intelligence tactique et l’énergie de la jeunesse. Et les résultats lui donnent raison.
Ce choix stratégique envoie un message fort : l’expérience est un atout, mais pas une condition préalable pour viser les sommets. Les jeunes, bien encadrés et responsabilisés, sont capables de rivaliser au plus haut niveau.
En Algérie, une décision à contresens de l’histoire
À l’opposé de cette dynamique, la FAF a fait un choix surprenant et dangereux : supprimer la catégorie U23, un maillon pourtant essentiel dans la transition entre le football de jeunes et l’élite. En imposant l’enregistrement de cinq joueurs nés en 2005 dans les effectifs professionnels comme feu de paille, elle a non seulement ignoré une génération 2004 riche en talents, mais elle a aussi désorganisé la filière de développement.
Pire encore, dans un contexte où la majorité des entraîneurs de Ligue 1 Mobilis privilégient systématiquement les joueurs dits « expérimentés », les jeunes n’ont que très peu d’opportunités de se montrer. Les discours sont les mêmes d’un club à l’autre : la pression du maintien ou l’ambition de jouer le titre seraient incompatibles avec la prise de risque que représente le lancement de jeunes.
Ce manque de courage ou de vision chez certains techniciens est malheureusement renforcé par cette directive fédérale contre-productive. À une époque où le football mondial valorise de plus en plus la jeunesse, l’Algérie persiste dans un modèle dépassé.
Une génération sacrifiée : les talents de 2004 laissés sur le carreau
Les jeunes nés en 2004 – souvent passés par les sélections U17 ou U20 – se retrouvent aujourd’hui sans projet clair, sans encadrement spécifique, et sans compétition adaptée. Ce sont des profils pourtant très prometteurs, certains formés dans des académies structurées, d’autres ayant déjà goûté au haut niveau dans des tournois internationaux.
La suppression de la catégorie U23 crée un trou béant dans leur parcours de développement. Sans véritable championnat de transition, ni obligation pour les clubs de leur offrir du temps de jeu, cette génération est abandonnée à son sort, livrée aux aléas d’un système déconnecté des réalités modernes du football.
Des exceptions trop rares dans un désert de frilosité
Mis à part quelques rares figures comme Boualem Charef, connu pour avoir toujours cru au potentiel des jeunes, les exemples de techniciens audacieux se comptent sur les doigts d’une main. Et pourtant, il suffit d’un peu de vision et de courage pour ouvrir la porte à de futurs internationaux.
Le football algérien regorge de jeunes profils talentueux, mais sans politique claire de développement ni passerelle entre formation et compétition, ils finiront par disparaître, ou s’expatrier dans des circuits moins visibles.
Conclusion : Il est temps de revoir la copie
La décision de la FAF ne reflète ni les besoins de la formation, ni les exigences du football moderne. La jeunesse est une richesse, non une faiblesse. L’exemple du PSG – comme celui d’autres clubs européens – montre que la clé réside dans la confiance, l’encadrement, et l’audace.
La FAF doit reconsidérer urgemment sa politique de développement, rétablir une structure U23 adaptée, et encourager – voire inciter – les clubs à intégrer les jeunes dans leurs plans de jeu. Sans cela, le football algérien court le risque de perdre toute une génération de talents.

