Il est des éliminations qui blessent l’orgueil, et d’autres qui révèlent des failles profondes. Celle de l’Algérie lors de cette Coupe d’Afrique des Nations appartient à la seconde catégorie. Plus qu’un accident de parcours, elle expose un dysfonctionnement grave au sommet de la sélection nationale. Et à six mois seulement de la Coupe du monde, persister dans l’erreur serait une faute impardonnable.
Au cœur de cet échec, un constat s’impose : Vladimir Petković n’a pas le profil pour diriger l’Algérie. Ni dans la personnalité, ni dans la gestion humaine, ni dans la capacité à instaurer une culture de la gagne propre aux grandes nations africaines.
Un sélectionneur sans autorité ni ADN algérien
Diriger les Verts exige plus que des références européennes ou un CV respectable. Cela demande une présence forte, une compréhension intime du contexte algérien, de la pression populaire et de l’exigence du maillot. Or, Petković n’a jamais semblé habiter ce rôle.
Son discours est resté lisse, son management distant, son autorité inexistante. Dans les moments décisifs, l’équipe n’a montré ni révolte ni âme, comme si le banc ne transmettait aucune urgence, aucun feu intérieur.
Une préparation des phases finales catastrophique
La gestion de la préparation des matchs à élimination directe restera comme l’un des grands échecs de ce tournoi. À l’approche des quarts de finale, l’Algérie a affiché un inquiétant manque de concentration, de rigueur et d’intensité.
À ce niveau, rien n’est laissé au hasard. Pourtant, les choix, la communication et l’approche mentale ont trahi une impréparation flagrante. L’équipe est entrée sur le terrain sans plan clair, sans maîtrise émotionnelle, sans cette rage contrôlée indispensable dans les grands rendez-vous.
Un laisser-aller disciplinaire incompatible avec une sélection nationale
Plus alarmant encore : le relâchement disciplinaire observé tout au long de la compétition. Des joueurs semblant évoluer sans cadre strict, des comportements tolérés, une impression persistante de flottement hiérarchique. Aucun leader fort sur le banc, aucune règle intangible.
Une sélection nationale ne peut survivre sans discipline. Les grandes équipes sont bâties sur un socle clair : respect du groupe, respect de l’institution, respect des consignes. En l’absence de cela, le talent devient inutile.
Les joueurs face à leur propre échec
Il serait toutefois injuste de faire de Petković l’unique responsable. Les joueurs ont failli, et parfois gravement. Certains cadres n’ont pas assumé leur statut, d’autres ont manqué d’engagement, de lucidité ou de courage dans les moments clés.
Porter le maillot de l’Algérie n’est pas un acquis. C’est une responsabilité. Cet affront restera comme une tache collective, celle d’un groupe qui n’a pas su répondre présent quand l’histoire l’exigeait.
Six mois avant le Mondial : agir ou disparaître
Le calendrier ne laisse aucune marge de manœuvre. La Coupe du monde est dans six mois. Continuer avec un sélectionneur qui n’a ni emprise sur son groupe ni vision claire serait suicidaire.
Le changement doit intervenir maintenant, pas demain. L’Algérie a besoin d’un entraîneur capable d’imposer une discipline stricte, de reconstruire un cadre mental solide et de redonner une identité claire à cette équipe.
Le temps des excuses est révolu. Celui des décisions courageuses doit commencer.
Car à ce rythme, ce ne sont pas seulement des matchs que l’Algérie risque de perdre, mais une génération entière.

