À mesure que l’équipe nationale d’Algérie se rapproche d’une qualification pour la prochaine Coupe du monde, une inquiétude grandit dans l’esprit des observateurs : les Verts disposent-ils d’un gardien de but au niveau international pour rivaliser avec les grandes nations ? Derrière l’enthousiasme collectif et les ambitions affichées, le poste de dernier rempart semble aujourd’hui être le maillon faible d’une sélection pourtant riche en talents.

Depuis plusieurs années, l’Algérie peine à stabiliser ce poste clé. L’époque des gardiens rassurants, capables de faire basculer un match à eux seuls, semble lointaine. Aujourd’hui, aucune hiérarchie claire ne s’impose, et surtout, aucun nom ne fait véritablement l’unanimité. Une situation préoccupante à l’approche d’une compétition aussi exigeante que le Mondial.
Alors, à qui la faute ?
D’un côté, il est difficile d’ignorer la responsabilité de la formation locale. Autrefois reconnue pour produire des gardiens solides, l’école algérienne semble aujourd’hui en perte de vitesse. Manque de structures adaptées, encadrement insuffisant, absence de spécialisation dans la formation des portiers : autant de facteurs qui expliquent cette pénurie de profils de haut niveau. Le vivier existe, mais il n’est plus exploité avec la rigueur nécessaire pour répondre aux standards internationaux.
De l’autre côté, les choix du sélectionneur Vladimir Petkovic suscitent également des interrogations. En accordant sa confiance à des gardiens comme Mandrea, Mastil ou Bellazoug, le technicien semble privilégier des profils qui n’ont pas encore prouvé leur capacité à s’imposer au plus haut niveau. Ce pari peut se comprendre dans une logique de renouvellement, mais il comporte aussi des risques évidents à court terme.
Le problème n’est pas tant de donner leur chance à de nouveaux visages, mais plutôt l’absence d’une véritable concurrence avec des gardiens confirmés. L’Algérie semble aujourd’hui naviguer à vue, sans leader naturel dans les cages, ni stratégie claire pour combler ce déficit.
À l’échelle internationale, les grandes sélections s’appuient presque toujours sur un gardien de référence, pilier de leur stabilité défensive. Sans cette assurance, même les meilleures équipes peuvent vaciller. L’Algérie, malgré son potentiel offensif et la qualité de son milieu de terrain, pourrait payer cher cette fragilité.
Faut-il alors revoir en profondeur la politique de formation des gardiens ? Ou bien le sélectionneur doit-il élargir ses choix et se tourner vers des profils plus expérimentés, quitte à sortir des sentiers battus ?
Une chose est sûre : à l’approche du Mondial, le débat est loin d’être anodin. Car dans les grandes compétitions, les détails font la différence… et un grand gardien peut parfois valoir bien plus qu’un système de jeu.
L’Algérie ira peut-être au Mondial. Mais la vraie question demeure : avec quel dernier rempart ?

