En moins de deux saisons, Anis Hadj Moussa est passé de l’anonymat à une valeur marchande estimée à 14 millions d’euros. Formé à Lens, ignoré par les clubs français, il brille aujourd’hui au Feyenoord Rotterdam. Benfica est prêt à mettre jusqu’à 20 millions d’euros pour l’arracher. Retour sur une ascension fulgurante… et un échec cuisant du système français.
📈 De Montfermeil à Feyenoord : le parcours singulier d’un talent sous-estimé
Né en 2002, Anis Hadj Moussa débute à l’US Torcy, avant de rejoindre le FC Montfermeil, puis le centre de formation du RC Lens en 2018. Pendant quatre ans, il évolue en National 2 avec la réserve lensoise. Malgré ses qualités évidentes, il n’obtient jamais sa chance avec les pros. En 2022, il est libéré sans proposition de contrat professionnel.
La suite de son parcours est un modèle de persévérance :
- 2022–2023 : il signe à l’Olympic Charleroi (D3 belge), où il inscrit 8 buts en 33 matchs.
- 2023–2024 : repéré par Patro Eisden Maasmechelen (D2 belge), il réalise un passage remarqué malgré un temps de jeu réduit.
- Février 2024 : prêté à Vitesse Arnhem (Eredivisie), il explose en seconde partie de saison avec 2 buts en 15 matchs.
- Juillet 2024 : transfert définitif à Feyenoord, club avec lequel il dispute la Ligue des Champions.
🚀 2024–2025 : explosion au Feyenoord et reconnaissance européenne
Chez Feyenoord, Hadj Moussa s’impose rapidement comme titulaire indiscutable. À ce jour (août 2025), il cumule :
- 43 matchs toutes compétitions confondues
- 11 buts, dont 3 en Ligue des Champions
- Une reconnaissance internationale, notamment un but face à Manchester City, élu parmi les plus beaux de la phase de groupes.
💰 De 0 à 14 millions en 18 mois : une valeur qui s’envole
Sa valeur marchande, actualisée fin mai 2025 par Transfermarkt, atteint 14 millions d’euros, contre à peine 2 millions un an plus tôt.
Feyenoord, qui l’a acheté pour moins de 3 millions, réalise un énorme coup financier.
Selon plusieurs sources :
- Benfica Lisbonne a proposé 12 millions d’euros + bonus.
- Le club néerlandais réclame 20 millions d’euros + 15 % à la revente.
- D’autres clubs européens (Espagne, Allemagne) suivent le dossier avec attention.
❌ L’échec français : copinage, frilosité et discrimination
Pourquoi le RC Lens a-t-il laissé partir Hadj Moussa libre ?
Pourquoi aucun club de Ligue 1 ou Ligue 2 ne l’a relancé ?
La réponse est multiple :
- Un système de scouting peu structuré, où les profils atypiques sont souvent ignorés.
- Une culture du « copinage » et du réseau, où les choix de carrière dépendent trop souvent des relations personnelles.
- Et surtout, une réelle discrimination à l’égard des jeunes d’origine maghrébine, comme l’ont dénoncé plusieurs anciens joueurs, agents et éducateurs.
Anis Hadj Moussa est l’exemple parfait du talent maghrébin laissé de côté par le système français, puis valorisé à l’étranger. Ce n’est pas un cas isolé : beaucoup de jeunes issus des banlieues françaises doivent partir pour briller.
🇩🇿 Un avenir radieux avec les Fennecs
Appelé récemment par Vladimir Petkovic, Hadj Moussa est en passe de devenir un élément-clé de l’équipe nationale algérienne. À seulement 23 ans, il représente le futur offensif des Verts avec sa vitesse, sa capacité de percussion et sa créativité.
Avec la CAN 2025 et les qualifs au Mondial 2026, l’Algérie tient peut-être son nouveau détonateur.
🔍 Conclusion : flair néerlandais, aveuglement français
Le cas Anis Hadj Moussa est une leçon de football moderne :
- Aux clubs français : investir réellement dans le scouting, faire confiance aux jeunes, et dépasser les biais socioculturels.
- Aux clubs néerlandais : bravo pour leur capacité à flairer les pépites que d’autres snobent.
⚠️ Ne pas voir le talent ne signifie pas qu’il n’existe pas.
Feyenoord l’a vu. Benfica l’a vu. La France, non.

