Personne ne les attendait là. Et pourtant, les Guépards du Bénin ont déjà écrit une page d’histoire : leur première victoire en phase finale de CAN. Une victoire fondatrice face au Botswana (1–0) qui a changé quelque chose — dans les têtes, dans le vestiaire, et peut-être dans le destin.
Lundi (17h), ils défient l’Égypte, monstre sacré du football africain.
Un choc déséquilibré sur le papier… mais pas sur le terrain, si l’on écoute Gernot Rohr.
« Nous savons que nous ne sommes pas favoris. Mais nous allons jouer notre chance à fond. »
Une équipe lucide… mais affamée
Le sélectionneur béninois ne se raconte pas d’histoires : oui, l’Égypte aligne des stars et une profondeur de banc XXL.
Mais le Bénin arrive avec autre chose — un groupe soudé, discipliné, qui progresse match après match.
« Gagner enfin, ça donne confiance aux joueurs et au staff. Nous savons d’où nous venons — et où nous voulons aller. »
Cette lucidité peut faire la différence. Elle évite l’euphorie, mais nourrit une ambition tranquille : jouer simple, juste, et frapper au bon moment.
Verdon : « Un match qui nous motive tous »
Dans le vestiaire, la parole d’Olivier Verdon résonne comme un manifeste :
« Sortir du groupe était le premier objectif. Maintenant, on veut passer. C’est un match motivant, dans la plus belle compétition africaine. »
Et le défenseur insiste : ce n’est pas un miracle, c’est le fruit d’un travail patient, entamé bien avant le tournoi, renforcé par un long stage au Maroc. Automatismes, intensité, confiance : tout converge.
Les Guépards, un surnom… et un état d’esprit
Le changement de symbole n’est pas qu’un détail marketing.
Les « Guépards » assument désormais une identité : rapides, opportunistes, imprévisibles.
« Si notre surnom peut effrayer, tant mieux. Mais c’est surtout la mentalité qui compte. »
Face à une Égypte qui aime contrôler le tempo, ce profil peut devenir un poison :
transitions rapides, bloc compact, capacité à punir la moindre erreur.
Pourquoi le Bénin peut créer la surprise
- Zéro pression, 100 % d’envie — l’Égypte a tout à perdre.
- Une défense disciplinée qui concède peu.
- Un groupe qui progresse et croit enfin en lui.
- Un coach expérimenté, habitué aux rendez-vous africains.
Et dans un match à élimination directe, une inspiration, un contre, une erreur… et tout bascule.
L’histoire aime les outsiders
Chaque CAN possède son conte de fées. Pourquoi pas celui du Bénin ?
Le pays a déjà brisé un plafond de verre. Une qualification en quart serait un séisme… et une fierté immense pour tout un peuple.
Lundi, les regards seront tournés vers les Guépards.
Ils savent qu’ils ne sont « pas favoris ».
Mais ils savent surtout qu’un exploit n’a jamais demandé l’autorisation.

