Par la rédaction de ShootAfrica
Fouzi Lekjaa, président de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), a encore dégainé. Cette fois, ce n’est pas pour parler de stades, de billetterie ou de stratégie sportive, mais pour pointer du doigt — encore une fois — l’Algérie. Selon lui, nos voisins de l’Est seraient à l’origine des appels au boycott de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, prévue au Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026. Une accusation lourde, mais surtout… gratuite.
Car à y regarder de près, rien ne vient étayer ces propos. Aucune preuve, aucune déclaration officielle, aucun mouvement structuré venant d’Alger n’a évoqué un quelconque boycott. L’Algérie, faut-il le rappeler, n’a ni intérêt politique ni bénéfice sportif à s’engager dans une telle campagne. Le football africain n’a pas besoin de ces querelles imaginaires ; il a besoin de sérénité, d’unité et de travail.
Alors, pourquoi cette sortie théâtrale de Lekjaa ? Pourquoi ce réflexe pavlovien de chercher un « ennemi extérieur » chaque fois que les critiques internes se multiplient ? Les polémiques sur la lenteur des chantiers, sur les retards logistiques, ou encore sur la gestion opaque de certains contrats liés à la CAN ne viennent pas d’Alger, mais bien du Maroc lui-même, de journalistes marocains, de supporters marocains, et parfois même de députés marocains.
Parler d’un « complot des chiens errants » ou d’un « sabotage numérique » relève plus de la paranoïa que de la gestion rationnelle d’un événement continental. Le football, c’est la passion, certes, mais c’est aussi la rigueur, la transparence, et la responsabilité. En accusant à tort et à travers, Lekjaa détourne l’attention des vrais enjeux : la qualité des infrastructures, la préparation des villes hôtes, la logistique, et surtout la réussite sportive et économique de la compétition.
Et cette question rhétorique lancée à la Chambre des représentants – « Qu’a fait Achraf Hakimi pour mériter un boycott ? » – frôle le ridicule. Personne n’a appelé à boycotter le joueur du PSG, icône respectée du football africain. Ce genre de phrase-spectacle ne sert qu’à créer un effet d’indignation artificiel pour rallier l’opinion autour d’un faux débat.
La CAN 2025 mérite mieux que des polémiques inutiles. Le Maroc mérite mieux qu’un discours défensif et victimaire. Le continent tout entier regarde vers Rabat, Casablanca et Marrakech avec espoir, pas avec suspicion. Alors, au lieu de crier au complot, Lekjaa ferait bien de se concentrer sur ce pour quoi il a été nommé : faire du football marocain un modèle d’organisation et de transparence.
La vérité, c’est qu’aucune « main étrangère » ne menace la réussite de la CAN 2025. Ce qui la menace, c’est la communication brouillonne, les réponses agressives, et les accusations sans fondement.
Alors, oui, Fouzi Lekjaa, on a envie de vous demander : quelle mouche vous a piqué ?

