Hommage : « Colonel Amirouche, je voudrais que toutes les femmes algériennes puissent aller à l’école » – Bouali Megdouda dite Saliha

En ce 63ᵉ anniversaire de l’indépendance de notre chère Algérie, je veux rendre hommage à celle qui a marqué mon cœur et façonné mon caractère : ma tante, Bouali Megdouda, que tous appelaient Saliha.

Femme au tempérament de feu, elle n’a jamais accepté la soumission. Enfant déjà, elle affrontait sans crainte les enfants de colons pour leur rappeler que cette terre était la nôtre. Très jeune, elle a senti dans sa chair que l’Algérie ne pouvait rester sous le joug étranger.

Adolescente, devenue une belle jeune femme, elle maniait le français à la perfection, grâce à deux années à l’école des sœurs blanches d’Ighil Ali. Mais cette langue, elle l’a transformée en arme et en camouflage, jamais en chaîne.

Quand la guerre éclata, sous la responsabilité de Monsieur Hamitouche Madani, ma tante s’engagea comme agent de liaison de l’ALN. Avec un courage rare, elle traversait les barrages français, transportant des courriers vitaux pour la Révolution, et se chargeait aussi du ravitaillement en médicaments pour les maquisards, aidée par mon oncle Messaoud Akkouche. Les colons la prenaient pour une Française tant son français était impeccable, et c’est avec un sang-froid presque surhumain qu’elle défiait le danger à chaque instant.

En 1959, elle fut l’une des toutes premières femmes algériennes à obtenir son permis de conduire, brisant encore un interdit, traçant des routes nouvelles pour les femmes de ce pays.

Un jour, le colonel Amirouche, de passage dans notre village, lui demanda ce qu’elle souhaitait après l’indépendance. Elle répondit sans hésiter, avec la force tranquille de celles qui portent l’Histoire :
« Que toutes les femmes algériennes puissent aller à l’école. »
Car son rêve dépassait le combat armé : elle voulait libérer aussi les esprits, ouvrir les portes du savoir et de la dignité aux femmes de l’Algérie.

Après la guerre, c’est elle encore qui poussa son mari à se lancer dans le bâtiment ; il devint l’un des plus grands chefs d’entreprise des années 60-70. Puis vint la disgrâce politique, l’exil forcé en France, mais jamais l’amertume. Toujours debout, toujours digne.

Ma tante Saliha nous a quittés en 2020, emportée pendant la pandémie, mais sa flamme, elle, ne s’est jamais éteinte. Une grande part de ce que je suis, de mes valeurs et de mon amour pour l’Algérie, je le lui dois.

Merci, Amti Saliha, d’avoir eu ce courage immense et cette vision claire.
Ton rêve résonne encore aujourd’hui comme un serment que nous portons tous :
Que toutes les femmes algériennes puissent aller à l’école, libres et fières.


2 réflexions sur “Hommage : « Colonel Amirouche, je voudrais que toutes les femmes algériennes puissent aller à l’école » – Bouali Megdouda dite Saliha”

  1. paix à son âme c’est une grande dame d’une valeur inestimables at yerhem rebi iw sâit felas nchalah laâtav is siwa di dunit ina lilahi wa ila lilahi radjiâun

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