« Contrefaçon des maillots : la FAF perd des millions dans le silence »

Alors que le maillot officiel de l’équipe nationale d’Algérie est vendu près de 90 euros par Adidas, des millions d’exemplaires contrefaits inondent les marchés algériens et la diaspora. Entre pertes économiques, image ternie et inaction des autorités, la Fédération Algérienne de Football (FAF) reste étrangement muette face à ce fléau.


⚽️ La contrefaçon, un business qui prospère au grand jour

Dans les ruelles d’Alger, d’Oran ou de Tizi Ouzou, les maillots de l’équipe nationale s’arrachent à 2 000 dinars, soit à peine 7 euros. Ces copies, quasi identiques à l’œil nu, sont partout : marchés, boutiques, stands de rue et plateformes en ligne. En face, le maillot officiel des Fennecs — produit par Adidas — est affiché à près de 90 euros (environ 27 000 dinars), soit presque l’équivalent du SMIG algérien.

Un écart de prix abyssal qui alimente une économie parallèle florissante. Résultat : les vendeurs de contrefaçons prospèrent pendant que l’État, la FAF et les marques partenaires perdent des millions de dinars en taxes et redevances.


🇩🇿 L’inaction de la FAF : une incompréhension totale

Malgré l’ampleur du phénomène, la Fédération Algérienne de Football reste silencieuse. Aucun communiqué fort, aucune campagne de sensibilisation, ni même une opération de contrôle en collaboration avec les autorités.

Pourtant, des mesures simples existent :

  • Travailler avec les brigades anti-fraude du ministère des Finances pour identifier les points de vente illégaux.
  • Engager des poursuites juridiques contre les distributeurs et importateurs identifiés.
  • Protéger les licences officielles en multipliant les contrôles aux frontières.

Cette passivité soulève des questions : pourquoi la FAF, pourtant détentrice des droits sur l’image des Fennecs, ne bouge-t-elle pas ? Manque de volonté, de moyens, ou simple indifférence ?


🇫🇷 Le phénomène s’exporte jusqu’en France

Le problème ne s’arrête pas aux frontières. En France, où vivent environ 5 millions d’Algériens ou d’origine algérienne, les marchés d’Aubervilliers, de Clignancourt et de Montreuil regorgent de maillots contrefaits. Ces copies se vendent entre 15 et 20 euros, bien en dessous du prix officiel.

Des opérations de police y sont menées régulièrement, notamment à Saint-Ouen et Aubervilliers, où des tonnes de marchandises de contrefaçon ont été saisies ces dernières années. Mais là encore, aucune plainte directe de la FAF n’a été signalée pour défendre ses droits de propriété intellectuelle.


🟨 La JS Kabylie montre l’exemple

Pendant que la FAF observe, la JS Kabylie agit. Le club kabyle est aujourd’hui le seul en Algérie à avoir officiellement engagé des démarches juridiques contre l’utilisation illégale de son image et de son logo. La JSK a déposé sa marque et mène une véritable lutte contre la fabrication et la vente de faux maillots.

Une stratégie qui prouve qu’il est possible, à l’échelle locale, de s’opposer à cette économie parallèle — à condition d’en avoir la volonté.


💡 Ce que la FAF doit faire maintenant

Pour inverser la tendance, la Fédération pourrait :

  1. Créer une cellule juridique dédiée à la lutte contre la contrefaçon.
  2. Travailler avec les services de douane et de commerce pour mener des saisies ciblées.
  3. Lancer une campagne nationale de sensibilisation auprès des supporters.
  4. Rendre le maillot officiel plus accessible via des éditions locales à prix réduits.

Une telle démarche serait gagnante à tous les niveaux : recettes accrues pour la FAF, rentrées fiscales pour l’État, et protection du pouvoir d’achat des supporters.


🔚 Conclusion

La contrefaçon du maillot des Fennecs n’est pas seulement une question d’économie parallèle : c’est une atteinte à l’identité nationale et à la valeur du football algérien. En laissant faire, la FAF se prive de revenus légitimes et affaiblit l’image du pays sur la scène internationale.

Il est encore temps d’agir — mais le silence, lui, ne rapporte rien.

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