Coupe du monde 2026 : quand le football mondial se heurte aux frontières de la discrimination

La Coupe du monde est censée être la célébration universelle du football. Une compétition où les peuples se rencontrent, où les frontières s’effacent derrière la passion du sport et où chaque nation est accueillie sur un pied d’égalité. Pourtant, à quelques jours du coup d’envoi du Mondial 2026, organisé en grande partie aux États-Unis, la réalité est tout autre.

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L’affaire qui a touché la délégation irakienne est révélatrice d’un malaise profond. L’attaquant vedette Aymen Hussein, héros de la qualification de son pays, a été retenu pendant près de sept heures à son arrivée aux États-Unis avant d’être finalement autorisé à entrer sur le territoire. Plus grave encore, le photographe officiel de la sélection, Talal Salah, pourtant muni de son visa et de son accréditation liée à la Coupe du monde, a été refoulé et renvoyé vers l’Irak après de longues heures d’interrogatoire.

Au-delà du cas irakien, plusieurs témoignages font état de difficultés rencontrées par des journalistes et représentants de médias issus de pays africains ou du Moyen-Orient. Des refus de visas, des autorisations limitées ou des procédures particulièrement contraignantes viennent compromettre leur participation à un événement censé être mondial.

Cette situation pose une question fondamentale : peut-on prétendre organiser la plus grande fête du football tout en appliquant des politiques migratoires qui frappent certaines nationalités plus durement que d’autres ?

Les autorités américaines invoquent la sécurité nationale et le droit souverain de contrôler l’accès à leur territoire. Aucun État ne peut être privé de cette prérogative. Cependant, lorsque des sportifs, des journalistes ou des membres de délégations officiellement accrédités par les instances internationales se retrouvent soumis à des traitements exceptionnels en raison de leur origine nationale, la frontière entre sécurité et discrimination devient particulièrement floue.

La responsabilité de la FIFA est également engagée. Depuis des années, l’organisation affirme que le football doit être un vecteur d’inclusion, de diversité et de rapprochement entre les peuples. Pourtant, face à ces incidents répétés, son silence apparaît assourdissant.

Attribuer l’organisation d’une Coupe du monde à un pays implique de s’assurer que tous les participants, journalistes, techniciens, photographes et supporters pourront accéder à la compétition dans des conditions équitables. Il ne suffit pas de construire des stades modernes ou de garantir la sécurité des matchs. Il faut aussi garantir l’égalité de traitement entre les nations.

Lorsque des Irakiens, des Iraniens, des Africains ou d’autres ressortissants de pays considérés comme « sensibles » sont confrontés à des obstacles que d’autres délégations ne rencontrent pas, c’est l’esprit même du football universel qui est remis en cause.

La Coupe du monde ne doit pas devenir un privilège réservé aux détenteurs des « bons » passeports. Le football appartient à tous les peuples. Si la FIFA veut rester fidèle à ses principes, elle doit exiger des garanties réelles contre toute forme de discrimination administrative ou politique visant les participants accrédités.

Le Mondial 2026 risque autrement de laisser dans l’histoire l’image d’une compétition où certains étaient invités à jouer, tandis que d’autres devaient d’abord prouver qu’ils avaient le droit d’exister aux yeux des autorités du pays hôte.

Le football mérite mieux. Les peuples aussi.

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