L’ancien international brésilien Dani Alves a été acquitté en appel par la Cour supérieure de justice de Catalogne, annulant ainsi la condamnation pour viol prononcée en première instance. Cette décision, rendue le vendredi 28 mars 2025, suscite de vives réactions et relance le débat sur la gestion des affaires d’agression sexuelle par la justice espagnole.
Un revirement judiciaire surprenant
En février 2024, Dani Alves avait été condamné à quatre ans et demi de prison ferme pour des faits présumés d’agression sexuelle survenus en décembre 2022 dans une discothèque de Barcelone. Le tribunal de première instance avait alors jugé les preuves suffisantes pour le condamner.
Toutefois, en appel, les quatre magistrats de la Cour supérieure de justice de Catalogne ont unanimement conclu à « une série de manquements, d’imprécisions, d’incohérences et de contradictions » dans le jugement initial, remettant en question l’évaluation juridique des faits. Sur cette base, ils ont décidé d’annuler la condamnation et d’ordonner la libération immédiate de Dani Alves, après plus de 14 mois de détention provisoire.
Les réactions à l’acquittement
L’annonce du verdict a provoqué des réactions contrastées. La victime présumée, qui maintient sa version des faits, a annoncé son intention de saisir le Tribunal suprême espagnol pour contester cette décision. De son côté, la ministre espagnole de l’Égalité, Ana Redondo, a exprimé ses inquiétudes quant à l’impact de cet acquittement sur la confiance des victimes dans le système judiciaire.
Dans le camp de Dani Alves, sa femme, la mannequin Joana Sanz, a pris la parole sur les réseaux sociaux pour dénoncer les critiques et menaces dont elle a fait l’objet depuis le début de l’affaire. « Ils m’ont montrée du doigt, insultée, menacée et persécutée pendant deux ans. […] Malgré tant de dégâts médiatiques et publics, je suis toujours debout », a-t-elle déclaré, appelant à plus de retenue dans les jugements publics.
Les implications judiciaires et financières
Avec son acquittement, Dani Alves pourrait prétendre à une indemnisation pour le temps passé en prison. Selon la législation espagnole, une indemnité pourrait lui être accordée pour détention injustifiée, bien que le montant exact reste incertain.
Sur le plan sportif, cet acquittement pourrait également permettre à l’ancien joueur du FC Barcelone et du Paris Saint-Germain de reconstruire son image, bien que son retour sur les terrains semble improbable à l’âge de 41 ans.
Un débat relancé sur la justice et les violences sexuelles
L’affaire Dani Alves illustre une nouvelle fois la complexité des affaires de violences sexuelles dans le cadre judiciaire. Entre la nécessité de garantir un procès équitable pour les accusés et celle de protéger les victimes, la justice espagnole fait face à des critiques croissantes. Le recours annoncé devant le Tribunal suprême pourrait donner une dernière issue à ce dossier sensible, alors que l’opinion publique reste divisée.
En attendant, le débat continue, entre ceux qui saluent la correction d’une erreur judiciaire et ceux qui y voient un dangereux précédent pour la protection des victimes d’agressions sexuelles.

