Par ShootAfrica, 25 juin 2025
L’onde de choc est encore vive. Trois jours après le tragique effondrement d’une barrière au stade du 5-Juillet à Alger, qui a coûté la vie à trois jeunes supporters du Mouloudia Club d’Alger et blessé des dizaines d’autres, la réponse des autorités commence à se faire attendre. Le peuple algérien, meurtri et en colère, attend désormais des réponses concrètes et des sanctions fermes.
Une nation en deuil, une opinion mobilisée
Le choc ne faiblit pas. Des veillées, des prières collectives et des hommages spontanés ont fleuri à travers tout le pays, bien au-delà des cercles de supporters. Car au-delà des couleurs et des rivalités sportives, ce sont les manquements systémiques des instances sportives qui sont aujourd’hui pointés du doigt.
Sur les réseaux sociaux, dans les médias et au sein de la société civile, une seule exigence se fait entendre : que justice soit rendue.
« On ne veut pas d’un simple rapport. On veut des responsables nommés, jugés, sanctionnés. »
— Témoignage d’un père de victime, à la sortie de l’hôpital Mustapha-Pacha
Une attente insoutenable : où sont les décisions ?
Depuis l’ouverture de l’enquête, aucune mesure forte n’a été annoncée. Si une commission interministérielle a été installée dans l’urgence, son calendrier et sa transparence restent flous. Pendant ce temps, ni la Ligue de football professionnel (LFP), ni le ministère de la Jeunesse et des Sports, ni la Direction du stade du 5-Juillet n’ont été suspendus, entendus publiquement ou tenus pour responsables.
Or, les questions sont claires :
- Qui a autorisé un match à forte affluence dans un stade vétuste ?
- Pourquoi aucune expertise technique n’a précédé l’ouverture du 5-Juillet pour un tel événement ?
- Qui devait assurer la sécurité structurelle des tribunes ?
- Où sont les audits promis après les précédents incidents ?
L’ombre de l’impunité plane
L’histoire algérienne est malheureusement marquée par des tragédies sportives sans suites judiciaires. Du drame de 2013 au 5-Juillet, à l’effondrement du stade de Douera en 2024, en passant par des morts évitées de justesse à Constantine ou Blida, aucune condamnation publique n’a été prononcée jusqu’ici.
Cette répétition dramatique nourrit un sentiment d’impunité institutionnelle, qui sape la confiance des citoyens.
Le football, mais pas à n’importe quel prix
Le Mouloudia Club d’Alger, endeuillé malgré son titre, a dignement annulé toute célébration. La cérémonie de remise du trophée, initialement prévue au coup de sifflet final, n’a pas eu lieu. Un symbole fort. Mais ce geste ne peut rester isolé face à l’inaction des décideurs.
Plusieurs observateurs du football national réclament :
- La suspension immédiate des responsables de la gestion du stade,
- Une réévaluation nationale de la sécurité dans toutes les enceintes sportives,
- Et surtout, une procédure judiciaire claire, avec des mises en examen si nécessaire.
