Edito : « Ils parlent plus de ses cheveux que de ses exploits : Mahrez, cible d’un journalisme capillaire »

Par la rédaction de ShootAfrica

Il faut le voir pour le croire : l’émission sportive d’Al Haddaf, présentée par Mohamed Chikhi, s’est récemment transformée… en salon de coiffure. Sujet du débat : non pas la technique de Riyad Mahrez, sa carrière exceptionnelle ou ses records inégalés pour un joueur algérien, mais… sa coupe de cheveux !

Oui, vous avez bien lu. Plutôt que d’analyser ses prestations en Saudi Pro League, son rôle de capitaine ou ses statistiques impressionnantes, certains « journalistes » ont choisi d’ouvrir un procès surréaliste sur le budget coiffure de Mahrez. Pire encore, ils vont jusqu’à brandir l’argument religieux pour tenter de donner un semblant de gravité à ce qui reste, objectivement, un non-sujet.

Une dérive médiatique inquiétante qui ne sert ni le football algérien, ni les téléspectateurs, ni même le journalisme sportif. Parce que pendant qu’Al Haddaf disserte sur des mèches et des contours, Mahrez, lui, continue d’écrire l’histoire : champion d’Angleterre, vainqueur de la CAN, finaliste de Ligue des champions avec Manchester City, premier joueur algérien à remporter cinq titres de Premier League… la liste est trop longue pour tenir dans ce papier.

Le contraste est saisissant : d’un côté, un joueur au palmarès unique, respecté partout où il passe ; de l’autre, des chroniqueurs transformés en esthéticiens de plateau, occupés à traquer la moindre retouche capillaire comme s’il s’agissait d’un enjeu national. À force de s’éloigner du terrain, on finit par oublier ce qui fait la beauté du sport : le jeu, la performance, l’émotion.

Et que dire de la méthode ? Des sous-entendus douteux, des amalgames et des leçons de morale qui relèvent plus de l’attaque personnelle que de l’analyse. Sans jamais parler du fond : Mahrez reste, malgré ses 33 ans, l’un des meilleurs passeurs et dribbleurs du championnat saoudien, leader technique et capitaine respecté des Fennecs.

Certains diront que c’est le prix du succès. Peut-être. Mais réduire Riyad Mahrez – le joueur le plus titré de toute l’histoire du football algérien – à sa coiffure, c’est renoncer à faire du journalisme pour sombrer dans la dérision. C’est oublier qu’on parle d’un ambassadeur du football algérien, admiré par des millions de jeunes qui rêvent grâce à lui.

Alors, messieurs de l’émission d’Al Haddaf, revenez sur le terrain. Parlez-nous tactique, stats, pressing, construction de jeu, et même mercato s’il le faut… mais laissez la tondeuse aux coiffeurs.

Chez ShootAfrica, on préfère célébrer le talent plutôt que de compter les mèches.


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: