Édito – Paradou, l’exception qui confirme la règle

Dans un paysage footballistique algérien trop souvent enlisé dans l’improvisation, l’amateurisme et les luttes d’influence, une réalité dérange autant qu’elle éclaire : Paradou AC est aujourd’hui l’arbre qui cache la forêt.

Car derrière les réussites visibles — des internationaux formés localement, une identité de jeu claire, une politique de formation cohérente — se dissimule une vérité bien plus inquiétante : celle d’un football national gangrené par la médiocrité structurelle et l’incompétence chronique.

Pendant que beaucoup naviguent à vue, changent de projets au gré des résultats ou s’enferment dans une gestion à court terme, le Paradou, lui, construit. Il forme. Il anticipe. Il pense le football comme une industrie de compétence et non comme un terrain d’improvisation.

Les trajectoires de joueurs comme Ramy Bensebaini ou Hicham Boudaoui ne sont pas des miracles. Elles sont des aboutissements. Le fruit d’un système qui fonctionne, dans un environnement où trop peu de structures peuvent en dire autant.

Et c’est précisément là que réside le paradoxe : au lieu d’être érigé en modèle, ce projet est parfois la cible de critiques, voire de jalousies. Comme si l’excellence dérangeait. Comme si, dans un écosystème habitué à l’échec, la réussite devenait suspecte.

Heureusement que le Paradou est là. Heureusement qu’il existe encore des îlots de compétence dans un océan de désorganisation.

Mais on ne peut évoquer cette réussite sans rendre hommage à son architecte : Kheireddine Zetchi. Visionnaire, bâtisseur, il a su imposer une philosophie moderne, centrée sur la formation et l’intelligence du jeu. Aujourd’hui, alors qu’il traverse une période difficile, son œuvre continue de parler pour lui.

Il est parfois injuste que ceux qui construisent soient fragilisés, pendant que ceux qui détruisent prospèrent dans l’ombre. Mais l’histoire du football finit toujours par rendre justice aux idées fortes et aux projets sincères.

Le Paradou n’est pas seulement un club. C’est une démonstration. Une preuve vivante que le football algérien peut mieux faire — s’il choisit enfin de regarder du bon côté.

2 réflexions sur “Édito – Paradou, l’exception qui confirme la règle”

  1. Mahindad nassim

    le concept de monsieur kheirredine Zetchi pour la formation de jeunes joueurs n’a pas d’égal en Algérie. la rapine prend le dessus dans les clubs. L’académie du Paradou fait un travail exceptionnel dans la formation de jeunes joueurs. elle doit être encouragée par les responsables du sport.

    1. Yassine Bouali

      A notre niveau, on essaye de rendre à César ce qui lui appartient. Merci de vous compter parmi nos lecteurs

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