Avant même sa première conférence de presse comme sélectionneur de l’équipe de France, Zinédine Zidane est déjà au cœur d’une avalanche de commentaires, de procès d’intention et d’interrogations qui interrogent davantage sur une partie du traitement médiatique que sur l’homme lui-même.
Depuis plusieurs jours, certains médias s’interrogent sur son rapport à la presse, d’autres évoquent son absence des bancs de touche depuis plusieurs années, tandis que d’autres encore spéculent déjà sur d’éventuelles tensions avec l’héritage laissé par Didier Deschamps. Comment peut-on juger un sélectionneur avant même qu’il n’ait dirigé son premier match ou répondu à sa première question en conférence de presse ?
À cela s’ajoute une situation qui fait déjà parler : les accréditations pour la conférence de presse de présentation auraient été particulièrement limitées, officiellement pour des raisons de capacité d’accueil. Une explication qui alimente les discussions, tant certains observateurs s’interrogent sur les critères retenus. Sans tirer de conclusions hâtives, cette situation montre déjà à quel point chaque détail entourant Zidane sera scruté et commenté.
Le constat est simple : aucun autre sélectionneur n’aura sans doute débuté son mandat sous une telle pression médiatique. Comme si l’on attendait la moindre maladresse, la moindre phrase ou le moindre silence pour lancer une nouvelle polémique.
Pourtant, de qui parle-t-on ? De Zinédine Zidane. Le joueur le plus marquant de l’histoire du football français pour beaucoup d’observateurs. Champion du monde, champion d’Europe, Ballon d’Or, triple vainqueur consécutif de la Ligue des champions comme entraîneur du Real Madrid, il a tout gagné ou presque. Son parcours force le respect bien au-delà des frontières françaises.
Mais cette exigence permanente à son égard suscite aussi des interrogations. Certains y voient une sévérité particulière qui accompagne depuis longtemps les grandes figures françaises issues de l’immigration, notamment lorsqu’elles ont des origines maghrébines. Cette perception existe dans une partie de l’opinion publique et mérite d’être entendue, même si elle ne permet pas, à elle seule, d’affirmer une intention discriminatoire de l’ensemble des médias.
Une chose est certaine : Zidane connaît parfaitement le paysage médiatique français. Il sait que chacun de ses mots sera disséqué, que chacun de ses choix sera contesté et que chaque résultat donnera lieu à des analyses souvent excessives. Il n’a pas attendu cette nomination pour savoir que son statut ne le protégerait de rien.
Ce serait pourtant une erreur de réduire cette nouvelle aventure à des polémiques fabriquées avant même le début de son mandat. Le football français a aujourd’hui besoin d’unité, d’ambition et de sérénité. Zidane mérite d’être jugé sur son travail, ses choix sportifs et les résultats de son équipe, pas sur des scénarios imaginés avant même son entrée en fonction.
Au moment où il s’apprête à prendre officiellement les commandes des Bleus, une seule attitude devrait prévaloir : lui laisser la possibilité de travailler et de démontrer ce qu’il est capable d’apporter à cette génération.
Les critiques auront tout leur sens lorsque les faits parleront. En attendant, le procès permanent n’a pas sa place. Soutenir Zinédine Zidane aujourd’hui, ce n’est pas refuser le débat. C’est simplement rappeler qu’un homme qui a tant apporté au football français mérite au minimum une chose : le bénéfice de l’équité.


Zidane peut relever ce défi. Il en a toutes les capacités.