Algérie : Le ‘’petit’’ Omar où la méthode du ‘’jeter en pâture’’

Les répliques de l’affaire du joueur algérien Mohamed Rafik Omar dont le club qatari d’Al-Shamal SC a annoncé qu’il ne porterait pas le maillot de l’équipe nationale, continuent à se faire ressentir.

A l’époque où Djamel Belmadi était à la tête de l’équipe nationale (d’août 2018 à janvier 2024), cette histoire n’aurait jamais existé ou du moins n’aurait pas pris une telle ampleur. Que dire de la Fédération algérienne de football qui, en toute circonstance, n’aurait jamais communiqué, par le passé, sur les dessous des échanges qu’elle aurait eu à un moment donné avec tel ou tel autre joueur binational qui hésitait à faire son choix.

Que de joueurs, qui font aujourd’hui le bonheur de la sélection nationale, ont mis du temps à se décider pour rejoindre les Verts, sans que la fédération ne divulgue l’intimité des discussions et le contenu des échanges qu’elle a eu avec eux, voir les positions intermédiaires avant le grand saut.

Combien même Mohamed Rafik Omar, le jeune sociétaire du club qatari d’Al-Shamal, ait refusé pour une raison ou une autre de répondre à une liste élargie de l’équipe nationale de Vladimir Petkovic, était-il nécessaire de griller ce jeune joueur et le jeter ainsi en pâture à la vindicte populaire ?

Oh que non ! Car pour la simple raison que ce joueur peut vêtir à tout moment le maillot des Verts vu que sa posture actuelle peut changer également à tout moment.

Avec les trois anciens présidents de la fédération qui se sont succédés avant la venue de Walid Sadi, la démarche était claire et toujours en bonne coordination avec le sélectionneur national, celle d’adopter le même principe : un travail de proximité discret et convaincant auprès du joueur, son cercle familial, son club ou son agent, sur le projet sportif et la dimension à défendre les couleurs nationales, sans jamais griller les cartes que l’on a entre les mains ni les étapes, et encore moins livrer le joueur à un procès auprès de l’opinion.

Si pour certains joueurs binationaux, la décision de jouer pour l’Algérie coulait de source, pour d’autres par contre, elle a pris du temps et de la réflexion, mais le résultat a été probant avec la venue, grâce notamment au travail minutieux de Djamel Belmadi, d’une ribambelle de talentueux joueurs à l’image des Houssam Aouar, Amine Gouiri, Rayan Aït Nouri, Farès Chaïbi, Jaouen Hadjam, Badreddine Bouanani, Ahmed Touba et autre Ramiz Zerrouki qui n’ont pas tous débarqué dans les mêmes conditions.

Et c’est ce même Djamel Belmadi qui est accusé aujourd’hui d’être impliqué dans un réseau de transferts de joueurs vers le Qatar dans la perspective de les naturaliser, en accointance avec le club du Paradou AC et de son président, Kheireddine Zetchi, actuellement sous mandat de dépôt. Un véritable délire colporté par le même cercle qui a mené et qui mène toujours une guerre acharnée contre ces deux hommes.

Vil encore, un média s’est même amusé à mettre une vieille photo, datant de 2020 au moment où les deux fédérations algérienne et qatarie signaient une Convention de coopération, reconduite d’ailleurs en 2021 par Amara Charf-eddine, sur laquelle on pouvait apercevoir Belmadi, Zetchi, Hakim Medane et Ahmed Abassi, le fils de l’ancien président du front islamique du salut (FIS) dissout qui occupe un grand poste de responsabilité au sein de la fédération qatarie, juste pour semer le doute et porter préjudice à la probité et à l’honorabilité de ces hommes en prenant des raccourcis éhontés.

Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que Belmadi est ‘’accusé’’ de détourner des joueurs vers le Qatar, puisqu’il y a eu le cas de Wassim Keddari dit Simo (20 ans), né en Espagne et évoluant actuellement au club qatari d’Al-Arabi SC.

En effet, ce dernier avait joué pour la sélection nationale des U18 sous la conduite de Mourad Slatni avant de rallier le Qatar, suscitant des attaques à peine voilées à l’encontre de l’ex-coach des Fennecs. Sauf que ce jeune joueur a opté, non pas pour le Qatar, mais pour … l’Espagne, sélection avec laquelle il a été sacré Champion d’Europe des U19 en 2024 !

Ce qui signifie et prouve que la décision de jouer pour une nation est strictement d’ordre personnel.

Pour revenir au cas d’Omar Rafik, il faut savoir que ce joueur, transféré du Paradou AC au même titre que deux autres à savoir Abdelghani Lallam (El-Markhiya, L2) et Hanfoug Fouad (Al-Muaither, L2), s’est fait dans le cadre d’un contrat professionnel via la plateforme TMS de la FIFA.

Aussi, Omar Rafik a été recruté dans le quota des joueurs U21 qu’autorise la Fédération de ce pays pour chaque club de Ligue 1 (Qatar Stars League) au même titre qu’elle autorise 5 joueurs étrangers.

Seulement, cette règle des U21 risque de changer dès la saison prochaine et le ‘’Petit’’ Omar peut en faire les frais si son club, Al-Shamal SC, décide de se limiter aux cinq joueurs étrangers dont il peut ne pas en faire partie. A moins qu’il le garde dans l’effectif, mais que le staff laissera sur le banc lors des matchs, jusqu’à ce qu’il fasse vraiment son trou.

La morale donc de l’histoire, c’est que la FAF a eu tort de communiquer sur le cas Omar Rafik en le jetant en pâture, alors que la discrétion et l’obligation de réserve devaient être le fin mot, sachant qu’à tout moment ce jeune talentueux peut endosser le maillot de l’équipe nationale, comme l’ont fait avant lui plusieurs autres joueurs.

Autres temps, autres mœurs.

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