Par Rédaction
Le handball algérien tient finalement son nouveau président en la personne de l’ancien gardien international et entraîneur Mourad Boussebt, élu, malheureusement, dans des conditions antiréglementaires.
Après l’assemblée générale ordinaire (AGO), présidée pratiquement par le ministre des Sports, Walid Sadi ( !), c’était au tour, hier jeudi 7 mars, à l’assemblée générale élective (AGE), tenue également sous les ordres du premier responsable du secteur, d’élire l’unique candidat en lice à la tête de la Fédération algérienne de handball (FAHB) : Mourad Boussebt (64 ans).

Cette AGE intervient dans un contexte crucial pour la petite balle après le désastre enregistré lors de la 29ème édition des Championnats du Monde qui ont eu lieu du 15 janvier au 2 février 2025 en Croatie, Danemark et Norvège, où l’équipe nationale masculine a été tout simplement ridiculisée, y compris par des nations moins nanties comme le Bahreïn et le Koweït, sans compter cette tannée historique concédée d’entrée face au futur champion du monde, le Danemark (22 à 47). Un score jamais enregistré par une sélection algérienne depuis l’indépendance !
Cette déroute a fait réagir les plus hautes autorités du pays, dont le président de la République Abdelmadjid Tebboune qui a instruit, en plein conseil des ministres tenu le 9 février, son ministre des Sports, Walid Sadi, à l’effet de prendre des mesures draconiennes et salvatrices pour cette discipline en particulier.
Par le passé, objet de fierté et de consécrations, surtout sur le plan continental, le handball algérien n’a cessé de péricliter ces dernières années au point de devenir la risée de plusieurs nations, comme en témoignent les résultats de l’équipe nationale lors du récent championnat du Monde où elle a été non seulement battue par plus forts, mais humiliée par des sélections plus que modestes il y a si peu.
Devant cette débâcle sans précédent, les pouvoirs publics ont réagi dans un premier temps en instruisant le ministre des Sports à l’effet d’établir un diagnostic sur la situation de cette discipline, de proposer une série de mesures pour sa relance et de présenter dans la foulée un plan d’action et une stratégie pour la relance des sports collectifs, ainsi que le sport scolaire et universitaire.
Le premier magistrat du pays a réitéré son instruction, ordonnant au gouvernement et plus particulièrement le ministre des Sports de rebâtir cette discipline sur de réelles bases scientifiques et modernes en s’appuyant sur des compétences avérées, y compris une expertise étrangère, tout en assurant l’aide et l’accompagnement de l’Etat pour redorer à la petite balle son lustre d’antan.
Pour mettre en œuvre ces instructions, la désormais ex-présidente de la FAHB, Karima Taleb, a été contrainte de démissionner et renoncer de fait à un second mandat.
Jusque-là, les choses semblaient logiques et réglementaires, sauf que lors de l’assemblée générale ordinaire de fin de mandat, Karima Taleb a brillé par son absence, et n’a pu donc présenter comme l’exige la réglementation ses bilans moral et financier, lors d’une AGO ‘’orchestrée’’ par Walid Sadi qui a prononcé un discours ‘’musclé’’ au cours duquel il a rappelé les instructions des pouvoirs publics et interpellé la famille du handball a se ressaisir pour assurer une réforme et une relance sur des bases solides.
Quelques jours après, c’était au tour de l’AGE, où, comme c’est devenu désormais une règle, un seul candidat est en lice : Mourad Boussebt, ancien international et entraîneur confirmé, notamment avec un parcours très riche en titres au Sultanat d’Oman.
Sans remettre en cause ses compétences et sa capacité de relever le défi de remettre la petite balle à sa véritable place, Boussebt est inéligible pour prétendre à être candidat, et ce selon les statuts mêmes de la FAHB.
Ce qui explique d’ailleurs les 12 voix d’abstentions face aux 62 qu’il a récoltées lors des travaux d’une assemblée élective fermée aux médias !
n effet, la veille, un communiqué a été diffusé pour annoncer que lesdits travaux allaient se dérouler à ‘’huis-clos’’, ce qui a mis en rage plusieurs représentants de la presse, mais qui, une fois de plus, n’ont pas réagi officiellement, y compris par leurs deux organes représentatifs que sont l’ONSJA et l’AJSA, toutes deux restées muettes devant cette atteinte au droit d’information.
Bref, Boussebt, qu’on dit être le choix des ‘’autorités’’ a été élu de l’avis de plusieurs observateurs de manière antiréglementaire pour le mandat olympique (2025-2029), lesquels observateurs appréhendant la réaction de la Fédération internationale de handball (FIHB) à ce propos.
Par ailleurs, Boussebt devra profiter de l’accompagnement de l’Etat qui s’est dit disponible à accompagner cette discipline, y compris sur le plan financier comme cela a été souligné dans le communiqué de la Présidence en conclusion de la réunion du Conseil des ministres du 9 février dernier.
Reste à attendre le programme et la stratégie qui seront déployés par le nouveau président de la FAHB et le ministère des Sports pour faire redorer le blason à cette discipline qui a besoin de toutes les compétences, nationales et même étrangères s’il le faut.
D’ailleurs, il se murmure dans les coulisses que l’icône Aziz Derouaz serait le ‘’parrain’’ de Mourad Boussebt et qu’il était important d’écouter les conseils de celui dont le nom est incrusté en lettres d’or au handball algérien. On y reviendra.

