En pleine tempête médiatique au sein de la FFF et alors que l’audit du ministère des Sports est rendu ce mercredi, le président Emmanuel Macron va recevoir celui de la Fifa Gianni Infantino. Selon l’Elysée, il ne sera pas vraiment question de Noël Le Graët. Mais des responsables de l’instance mondiale rappellent que la FIFA regarde de près la situation autour de la FFF avec une éventuelle ingérence politique. « La France n’est pas au-dessus des autres nations », explique un dirigeant de la FIFA. Le 12 février dernier, le président par intérim de la FFF, Philippe Diallo, a même reçu une lettre de la secrétaire générale de la FIFA, Fatma Samoura, pour un rappel de l’article 19 des statuts la FIFA qui stipule que « chaque association membre doit diriger ses affaires en toute indépendance sans l’influence indue d’aucun tiers ».La présidence a assuré que ce n’était pas la raison de la visite du patron de la Fifa. Mais si l’affaire est évoquée, Emmanuel Macron «rappellera qu’il est très attentif à l’indépendance du mouvement sportif, et qu’il n’entend pas s’interférer», a assuré son entourage. Officiellement, le président de la République doit évoquer les partenariats et le renforcement de la place de la Fifa en France.
Mais la date de cette rencontre ne semble pas totalement choisie au hasard, le 15 février étant – sauf report – le jour où doivent être rendues publiques les conclusions définitives de l’audit interne diligenté par la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra. Une partie a déjà fuité dans la presse . Le journal Ouest France vient par ailleurs de publier une dizaine de témoignages accablant un peu plus le président de la «3F» et sa directrice générale, Florence Hardouin. «Ce ne sont pas des comportements isolés. C’est une ambiance générale, décrit par exemple une ancienne salariée. Depuis de longues années, le harcèlement sexuel est culturel. Des hommes au comportement paternaliste, usant de propos très déplacés, se croient au-dessus de tout et se protègent entre eux. C’est le moule FFF. C’est un nid pourri.»
De réputation, Le Graët, membre du conseil de la Fifa depuis mars 2020, sert de passe-plats entre le patron du football mondial et son homologue à l’UEFA, Aleksander Ceferin. Le dirigeant breton n’a eu de cesse de soutenir les réformes ultralibérales de la Fifa, malgré des convictions qu’il place lui-même à gauche. La Coupe du monde tous les deux ans ? Pourquoi pas. Le Mondial au Qatar ? «Le fait de mélanger les peuples est une bonne chose», répondait Noël Le Graët, louant par ailleurs les «efforts» des Qatariens en termes de droits humains.
Et quand Gianni Infantino annonce briguer – seul – un troisième mandat à la présidence de la Fifa, Le Graët se dit «ravi». «Il a beaucoup travaillé. En plus, il s’installe à Paris. Donc il sera de temps en temps chez nous. Je suis très content qu’il se représente, c’est un bon président.» Un soutien indéfectible et un solide allié – à la tête d’une des fédérations les plus puissantes du football moderne – qu’Infantino serait bien tenté de garder à ses côtés ?

