Jermaine Seoposenwe a pour objectif de devenir l’une des meilleures joueuses du continent en portant l’Afrique du Sud au sommet du football africain lors de la Coupe d’Afrique des Nations Féminine TotalEnergies, Maroc 2022 en juillet prochain.
Seoposenwe qui a rejoint le Sporting Braga (Portugal) en 2020 aidant son club a remporté la Coupe de la Ligue féminine au Portugal aux dépens du SL Benfica, cherche à maintenir sa bonne forme pour aider sa sélection quintuple finaliste au Maroc.
Après avoir inscrit huit buts et donné cinq passes décisives cette saison, la joueuse de 28 ans, dans un entretien exclusif avec CAFOnline.com, souhaite réussir son retour chez les Banyana Banyana après trois ans d’absence et espère suivre les traces de ses compatriotes – Noko Matlou et Thembi Kgatlana pour remporter le titre de meilleure joueuse africaine.
CAFOnline.com : Comment décririez-vous votre parcours professionnel et la motivation derrière vos récentes performances au Portugal ?
Jermaine Seoposenwe : Au Portugal, je suis arrivée, il y a deux ans, après un passage en Espagne. A Braga, j’ai eu l’impression que le Sporting me donnait l’opportunité d’être moi-même, me permettait de m’exprimer et de m’épanouir. Je recommence à profiter de mon football et à ne pas me mettre trop de pression. Cela m’a donné la possibilité de grandir, d’être moi-même en m’entourant de personnes qui veulent constamment gagner. Venir au Portugal dans une équipe où tout le monde, les coéquipières et les entraîneurs vous poussent à aller de l’avant, voilà ce qui me manquait.

Comment le Sporting Braga et l’écosystème du football portugais ont-ils influencé votre forme actuelle ?
Je pense que le club [Sporting Braga] a créé un environnement favorable, de tous les clubs dans lesquels j’ai été, Braga est celui qui a mis en place l’environnement le plus professionnel et le plus favorable pour mon épanouissement. Par exemple, nous avons probablement les meilleurs terrains d’entraînement parmi les équipes de notre ligue, une bonne académie. Braga est un endroit où vous n’avez rien d’autre à faire qu’à jouer au football et cela m’a aidé, à être meilleur. Si je me sens déprimé ou si je manque de de motivation, il y a toujours quelqu’un à qui je pourrais parler. Dans un environnement comme celui-ci, vous faites face à une pression positive. Lorsque vous entrez dans un environnement comme celui-ci, votre seul objectif, c’est de donner le maximum sur le terrain.
À quel point est-ce spécial pour vous de gagner un trophée chaque saison au Portugal ?
En tant qu’athlète, vous voulez toujours gagner, que ce soit un match ou un trophée. Un trophée couronne votre saison, n’importe quel footballeur dirait la même chose, peu importe ce qui s’est passé dans les matchs une fois que vous avez remporté un trophée, cela adoucit du coup, le fait que vous n’avez pas soulevé le plus grand. Nous pourrions encore conserver la Coupe féminine du Portugal et c’est là-dessus que nous nous concentrons maintenant. Nous avons gagné la Coupe de la Ligue, et mettons cela derrière nous, profitons du moment et attendons avec impatience de prendre chaque match comme la finale. Personnellement, j’essaie de contribuer, d’aider et de marquer des buts. Cela m’aide à me motiver à aller de l’avant.

Avez-vous hâte de jouer une autre Coupe d’Afrique des Nations Féminine ?
C’est probablement l’un des tournois les plus importants que je jouerai cette année. Un tournoi où vous affrontez certaines des meilleures sélections du continent et vous affrontez les meilleures joueuses d’Afrique. Alors, qu’y a-t-il à ne pas aimer? En tant qu’équipe, cela vous rassemble également, en particulier je pense que c’est encore plus vrai quand c’est l’année de la coupe du monde parce que vous ressentez toutes cette pression en essayant d’apporter les résultats que le pays veut, pour vous qualifier. Et maintenant avec l’Afrique du Sud qui s’est déjà qualifiée pour la Coupe du monde, l’attente est grande, si vous ne vous qualifiez pas, ça devient une grosse déception aux yeux des fans sud-africains. Je pense que vous risquez de vous faire crucifier. Malgré tout, j’adore jouer la CAN, cela me rappelle tellement de souvenirs. J’ai été sélectionnée pour ma première grande compétition en seniors lors de la CAN féminine en 2010 alors que j’avais 15 ou 16 ans. Nous avons joué la finale mais c’est le Nigeria qui nous avait privé du trophée. C’est douloureux, c’était comme un coup de poignard au cœur. La CAN, c’est une excellente plateforme pour montrer au monde le football féminin de notre continent et montrer que nous évoluons, que nous nous améliorons. Beaucoup de joueuses africaines réussissent maintenant à l’étranger, donc cela aide vraiment au développement. Mais il ne s’agit plus de participer malgré la qualité des adversaires, nous devons gagner !

Après votre bonne forme en club, pensez-vous également que cette année pourrait être la bonne pour les Banyana Banyana ?
J’attends beaucoup de moi-même. Nous devons profiter de ces moments, c’est une grande opportunité de jouer au football, son sport favori et gagner sa vie. C’est l’une des meilleures choses qui pouvaient vous arriver. Lorsque vous vous réveillez et que vous faites quelque chose que vous aimez, c’est extraordinaire, peu de gens ont cette possibilité. En tant qu’être humain, allier la vie professionnelle et son sport favori, c’est top. Mais vous devez avoir à l’esprit que vous êtes en compétition, vous êtes là pour donner le meilleur de vous-mêmes. Avant Braga, j’avais l’impression de stagner et ce challenge m’a permis de relancer ma carrière, m’a aidé à réaliser beaucoup de choses. Peu de Sud-africaines ont ça, et encore peu de filles africaines. Elles ne peuvent pas aller outre-mer, elles sont coincées dans notre pays. L’Afrique du Sud a maintenant lancé une ligue et j’espère qu’elle pourra devenir ce que sont les ligues européennes.
Dans quelle mesure votre famille et vos parents vous soutiennent-ils ?
J’ai trois sœurs, ma mère et mon père. Je peux dire que ce sont les gens à qui je parle vraiment. Je parle à mes amis de temps en temps. Mais je suis mieux à l’aise en ayant de conversations régulières avec ma famille, j’appelle ma mère au moins une fois par semaine pour que nous puissions avoir une conversation. Je parle régulièrement à ma sœur, ma famille reste mon point d’ancrage, c’est l’endroit où je me retourne. Ce sont les personnes à qui je veux parler quand nous gagnons, quand nous perdons quand je passe une mauvaise journée, quand je passe une bonne journée mes sœurs et ma mère et mon père sont les personnes à qui je veux parler, elles sont tout. Je ne suis pas encore marié et leur présence est importante à mes yeux.

