Football Algérien : Y A-T-IL UNE VIE ORGANIQUE DANS LES CLUBS ALGÉRIENS ?

Par Hamel Abderahmane

« Foules en extase, clubs en ruine : le mirage de la vitalité »

Si je pose la question suivante : Y a-t-il une vie organique dans nos clubs ? cela nous renvoie à une réflexion profonde sur l’enracinement et l’ancrage des clubs dans leur environnement social.

Au-delà des questions liées à l’organisation, à la gouvernance, au projet sportif cohérent, à l’adaptabilité et à la résilience , que j’ai déjà abordées dans des publications précédentes, et qui relèvent d’un diagnostic sévère, c’est l’IMPLICATION COMMUNAUTAIRE qui m’intéresse ici.

En effet, l’écrasante majorité des clubs algériens, tous paliers confondus, se sont détachés de leur base de supporters, VIVANT EN VASE CLOS et perdant ainsi toute vitalité.

La présence massive des supporters dans certains clubs de l’élite ne signifie pas nécessairement qu’il existe une vie organique et dynamique au sein de ces clubs.

Je pense notamment au Mouloudia d’Alger, au Mouloudia d’Oran, à la JSK, à l’ESS, au CSC, à l’USMA, au CRB, et à l’USM Annaba, l’USMH etc.

Un véritable club vivant, ça ne se contente pas d’attirer des foules,

NON !

Ça sait canaliser l’énergie, la ferveur, en faire un foutu LEVIER pour avancer, réfléchir, innover.

Les supporters, ils ne sont pas là juste pour faire du bruit, applaudir et passer leur week-end.

NON,

ils prennent part, ils décident, ils participent, ils s’impliquent, comme à Barcelone, avec leur modèle de socios.

Là, tu vois la différence.

Un club vivant, c’est pas une masse qui hurle, c’est une masse qui AGIT, qui CONSTRUIT.

Mais chez nous, tu parles à n’importe qui, les regards se détournent, on te répond pas.

Y a-t-il une vie organique dans nos clubs ?

Et c’est pas juste une question que tu poses pour poser.

Ça gratte, ça fouille dans les entrailles.

Tu te dis, est-ce qu’il y a encore de la vie quelque part ?

Parce que quand tu vois nos clubs, que tu t’approches de près, que tu observes… tu comprends vite que ce qui brille, c’est pas la vitalité.

Ce qui brille, c’est l’illusion.

Les foules arrivent, c’est vrai, mais est-ce que c’est vivant ?

Non.

La ferveur, l’énergie, c’est juste de la poussière dans le vent.

La plupart de nos clubs, qu’ils soient en haut ou en bas, SONT PARTIS LOIN DE LEURS BASES.

Comme des étranges spectres qui se baladent dans des stades vides, à peine habités par une foule qui n’est plus vraiment là pour le club, mais pour la frénésie de l’instant.

Une foule, oui.

Mais est-ce qu’elle respire avec le club ?

Non,

elle hurle avec lui, mais elle se retire aussi dès que la défaite frappe, comme un nuage de fumée qui s’évapore.

Et parfois ça bascule dans la violence.

UN CLUB, ÇA DOIT AVOIR DES RACINES, DES BASES SOLIDES, UNE CONNEXION AVEC SON ENVIRONNEMENT.

Mais chez nous, rien de tout ça.

Les dirigeants ?

Ils connaissent la mise en scène.

LA FOULE, C’EST UN JOLI JOUET.

Un truc qu’ils utilisent pour GONFLER LEUR EGO et SE DONNER UN PEU DE LÉGITIMITÉ.

Sauf qu’à force de manipuler cette ferveur, ils l’ont coupée de la réalité.

Ils l’ont transformée en une bête sauvage qu’ils dressent à coups de victoires faciles et d’apparences.

C’est là où le bât blesse.

Les foules, elles sont là, mais l’ÂME DU CLUB, elle est ailleurs.

Si tu demandes aux dirigeants de s’investir dans la construction d’un vrai projet, d’un projet solide, d’un projet qui engage tout le monde, tu te retrouves face à un mur.

Ce qu’ils veulent, c’est du court terme.

Un coup d’éclat ici, une victoire là, et le tour est joué.

Ça fait illusion.

Mais les racines ?

Ça, ça leur fait peur.

La profondeur, la réflexion, l’implication sur le long terme ?

RIEN. NADA. Juste des jeux de façade.

Et puis, pour couronner le tout, y en a même qui préfèrent jouer à huis clos.

C’est ça, la cerise sur le gâteau.

Plutôt que de renouer avec leur public, de RECONSTRUIRE CE LIEN BRISÉ, ces clubs-là préfèrent jouer dans un stade vide, où la seule chose qui résonne, c’est le silence de leur échec.

C’est hallucinant.

Ils ont peur de leurs supporters, peur de la contestation, peur de tout ce qui pourrait les réveiller, les déranger.

Ils se cachent derrière des murs de solitude.

Comme si, en jouant sans eux, ils réussissaient à effacer la question, la question qui tue :

Y a-t-il une vie organique dans nos clubs ?

Et là, on en arrive à une conclusion amère, une conclusion qu’on préfère pas voir.

Les foules, elles sont là, mais les clubs sont morts.

Les clubs existent dans une bulle, et cette bulle éclatera.

La victoire, c’est joli, mais ça dure pas.

Quand tu perds, tout s’effondre.

Les tribunes se vident, les chants s’éteignent, et il ne reste plus rien.

C’est un mirage, rien de plus.

Une passion qui brûle mais qui n’a pas de racines.

Elle se consume dans l’instant, et après, que reste-t-il ?

Des foules en transe, des clubs en ruine.

La passion, elle est là, c’est sûr.

Mais la vitalité ? Non.

Elle est absente, elle a disparu. Et ça, c’est la tragédie de nos clubs algériens.

Une tragédie qui ne pourra pas se cacher derrière des applaudissements ou des cris.

PAR CE QUE LA VIE, ÇA SE CONSTRUIT, ÇA SE NOURRIT, ÇA SE CULTIVE.

Pas avec des foules de passage, pas avec des victoires éphémères.

MAIS AVEC DU SENS, AVEC DE L ’ANCRAGE.

AVEC UNE VÉRITABLE VIE ORGANIQUE.

AMICALEMENT,

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