Avec l’explosion des réseaux sociaux, et plus particulièrement TikTok, une étrange illusion s’est installée : celle où tout le monde devient expert de tout. Football, tactique, gestion de club, psychologie des vestiaires… Il suffit désormais d’un téléphone, d’un live et de quelques abonnés pour s’autoproclamer spécialiste.
Le football n’échappe évidemment pas à cette dérive. Pire, il en est devenu l’un des terrains de jeu favoris.
Chez SHOOTAFRICA, nous avons pris le temps d’observer et surtout d’écouter. Après la défaite de la JSK à Sétif, des milliers de lives ont fleuri, animés par des personnes se revendiquant supporters du club kabyle. Sur une vingtaine de directs écoutés quelques minutes chacun, le constat est implacable : le même discours, la même violence verbale, la même médiocrité intellectuelle.
Des individus d’une pauvreté d’analyse affligeante se permettent d’attaquer l’intégrité morale de joueurs, d’entraîneurs, de dirigeants, sans retenue ni responsabilité. Des gens qui, pour beaucoup, ne savent probablement même pas combien pèse un ballon de football, mais qui se sentent légitimes pour juger des mises en place tactiques, de la vie interne d’un club ou de décisions stratégiques complexes.
Ils parlent fort, ils insultent, ils accusent. Ils ne comprennent rien, mais donnent leur avis sur tout.
Ces personnages, que nous aimons surnommer chez SHOOTAFRICA les spaghettis — tant ils se tordent, se plient et changent de position au gré du vent — ont aujourd’hui un pouvoir dangereux : celui de la visibilité. Un pouvoir offert par des plateformes qui privilégient le buzz à l’intelligence, la polémique à la réflexion.
Le plus grave n’est pas qu’ils parlent. Le plus grave est qu’aucune limite ne semble exister. Aucune loi réellement appliquée, aucune régulation efficace pour mettre fin à cette gabegie où la diffamation, l’insulte et l’atteinte à la dignité humaine deviennent un spectacle quotidien.
Critiquer fait partie du football. Insulter, humilier et salir n’en feront jamais partie.
Il est temps de dénoncer cette imposture collective. Il est temps de rappeler que la liberté d’expression n’est pas la liberté de nuire. Et il est surtout temps que les réseaux sociaux cessent d’être le refuge des médiocres qui, derrière un écran, s’arrogent le droit de détruire des vies et des réputations.
Chez SHOOTAFRICA, nous continuerons à analyser, à critiquer quand il le faut, mais toujours avec responsabilité, respect et connaissance. Parce que le football mérite mieux que le vacarme de l’ignorance.

