« Gaza : la mère qui inspire la Palestine en Coupe arabe »

Dans la poussière du camp de déplacés d’Al-Mawasi, au sud de la bande de Gaza, une femme de 62 ans refuse de laisser la guerre éteindre ce qui lui reste d’espoir.
Elle s’appelle Huda Mahmoud Abou Jazar, et depuis une simple tente déchirée par le vent, elle inspire l’un des parcours les plus inattendus et les plus émouvants de cette Coupe arabe.

Son fils, Ehab Abou Jazar, 45 ans, est le sélectionneur de l’équipe nationale palestinienne. Il vit à Doha, loin de sa mère dont la maison a été détruite en pleine guerre. Mais malgré les bombes, la peur, le deuil et les nuits sans sommeil, Huda n’a jamais abandonné son rôle le plus précieux : celui d’être la voix qui guide son fils.

« Elle ne me parle de rien d’autre que de l’équipe »

Lorsque la connexion le permet, Ehab reçoit un appel. Une voix familière, fragile mais ferme, traverse la ligne.
Ce n’est jamais une conversation sur la guerre, ni sur ses conditions de vie sous la toile d’une tente.
Non : Huda veut des nouvelles du football.

« Elle veut savoir qui sera titulaire, qui est blessé, quel est l’état d’esprit de l’équipe », raconte le sélectionneur. « Elle ne me parle que de ça. Elle me motive, elle m’inspire. »

Dans ce camp où les enfants jouent entre les ruines et la poussière, les matches de la Palestine sont devenus des bouffées d’oxygène.
Lorsque la sélection a battu le Qatar en phase de groupes, tout Al-Mawasi a explosé de joie.

« On pouvait entendre des youyous partout », se souvient Huda. « Ils ont ramené une joie que nous avions oubliée à Gaza. »

Une équipe en mission : offrir une respiration à un peuple épuisé

Classée 96e nation mondiale, privée de championnat depuis l’éclatement du conflit en 2023, la Palestine n’était pas attendue à ce niveau.
Pourtant, portée par l’énergie incroyable d’un peuple meurtri et par les messages maternels envoyés depuis Gaza, la sélection a accroché un nul héroïque contre la Syrie (0-0), synonyme de qualification historique pour les quarts de finale.

Un exploit.
Un symbole.
Une bouffée d’air pour des millions de Palestiniens.

« Nous sommes une petite famille palestinienne qui représente tout un peuple », explique Ehab. « Cette pression-là, elle est positive. Elle nous pousse. »

La voix de Gaza

Il y a, dans les mots d’Huda Abou Jazar, la force des mères palestiniennes qui tiennent debout malgré tout.

Avant le match décisif, elle a envoyé un dernier message :
« Je prie pour eux à chaque instant. Que Dieu guide leurs tirs. Que la victoire soit la leur. »

Il est difficile d’imaginer une scène plus puissante :
une mère, depuis une tente où sa maison, ses souvenirs et sa vie ont disparu, qui transmet courage et lumière à une équipe devenue porte-drapeau d’un peuple.

Une histoire de football… et d’amour filial

Pour Ehab, chaque match est désormais plus qu’un simple rendez-vous sportif.
C’est une mission : redonner un peu de bonheur à Gaza, offrir au monde une autre image de la Palestine, prouver que le football peut survivre même dans les tempêtes les plus violentes.

« Apporter de la joie à notre peuple, c’est ce qui nous fait tenir, dit-il. Nous nous battrons sur le terrain jusqu’à notre dernier souffle. »

Et derrière chacun de ses pas sur la pelouse, derrière chaque discours d’avant-match, chaque décision tactique… il y a une voix, celle d’Huda, qui continue de souffler :

« Vas-y, mon fils. Continue. Pour nous. Pour Gaza. »

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