Le 19 juillet 2019, l’Algérie remportait la Coupe d’Afrique des Nations en Égypte. Un exploit monumental, une seconde étoile cousue sur le cœur des Algériens. Si le sélectionneur Djamel Belmadi, les joueurs et le staff ont reçu les hommages qu’ils méritaient, un homme reste aujourd’hui injustement dans l’ombre : Kheireddine Zetchi. Président de la Fédération algérienne de football (FAF) de 2017 à 2021, il fut l’un des grands artisans de cette épopée historique. Aujourd’hui incarcéré, il boucle son neuvième mois de détention. À l’heure où l’Algérie célèbre le sixième anniversaire de ce triomphe, il est temps de rendre à César ce qui appartient à César.
Un homme de vision dans un paysage footballistique en crise
Quand Kheireddine Zetchi accède à la présidence de la FAF en mars 2017, le football algérien est en ruine. L’équipe nationale, sortie dès le premier tour de la CAN 2017, peine à se reconstruire. Les entraîneurs se succèdent, sans succès. Dans un climat tendu et face à une opinion publique désabusée, Zetchi opte pour une stratégie audacieuse et visionnaire.
En 2018, malgré les critiques, il nomme Djamel Belmadi à la tête des Fennecs, un choix jugé « risqué » à l’époque, car Belmadi, bien que prometteur, n’avait pas encore fait ses preuves sur le continent. Mais Zetchi voit au-delà du CV. Il croit en l’homme, en ses principes, en sa rigueur et en sa connaissance du football moderne. Ce choix va s’avérer historique.
Un président proche du terrain, bâtisseur dans l’ombre
Contrairement à ses prédécesseurs, Zetchi n’est pas un simple gestionnaire de fédération. Ancien joueur, ancien président du Paradou AC – club formateur par excellence – il comprend les rouages du football moderne. Sous sa présidence :
- Le staff technique est renforcé.
- Le soutien logistique aux Verts devient prioritaire.
- Les conditions de regroupement sont optimisées.
- La coordination avec les clubs et les institutions est améliorée.
- La cellule de prospection pour les binationaux est relancée.
Loin des projecteurs, Zetchi travaille avec discrétion, mais efficacité, créant les conditions idéales pour que Belmadi et ses hommes se concentrent sur l’essentiel : la performance.
Égypte 2019 : l’apothéose d’un projet cohérent
Ce qui s’est passé en juillet 2019 au Caire n’est pas le fruit du hasard. C’est l’aboutissement d’un projet clair, ambitieux et mené avec détermination. La victoire finale face au Sénégal (1-0) n’a pas seulement offert une étoile de plus à l’Algérie, elle a offert une nouvelle identité, une fierté retrouvée, une équipe aimée.
Zetchi était là, aux côtés des joueurs, discret mais essentiel. Sans ses décisions structurantes, sans son appui indéfectible à Belmadi, cette CAN 2019 ne se serait peut-être jamais transformée en légende.
Neuf mois d’oubli, mais pas d’amnésie
Aujourd’hui, Kheireddine Zetchi est incarcéré depuis neuf mois, dans des circonstances encore floues pour une large partie de l’opinion publique. Ce silence autour de lui, en ce jour anniversaire du sacre de 2019, interroge.
Personne n’est au-dessus de la loi, bien sûr. Mais personne ne mérite l’oubli quand il a tant donné au pays, surtout dans l’un de ses moments de gloire les plus éclatants. Le football est aussi une question de mémoire. Et notre mémoire collective ne doit pas effacer Zetchi de l’histoire.
À ShootAfrica, nous n’oublions pas
Aujourd’hui, à ShootAfrica, nous tenons à rendre hommage à l’un des bâtisseurs de la seconde étoile, à un homme de conviction, à un président qui a osé, qui a tranché, et qui a eu raison. Nous voulons rappeler à tous les amoureux du football algérien que le chemin de la victoire ne se dessine jamais seul.
Kheireddine Zetchi fait partie des noms qui resteront associés, pour toujours, au plus beau chapitre du football algérien moderne.
Rendons-lui justice. Réhabilitons sa mémoire. Luttons contre l’oubli.
À toi, président Zetchi, l’Algérie du football te dit : merci.


Très bel article.