Houcine Achiou est de ces joueurs dont la trajectoire dépasse le simple cadre du football pour s’inscrire dans une histoire humaine et culturelle profondément enracinée. Originaire de Tala Lvir, dans la commune de Boudjellil, wilaya de Béjaïa, il est le produit d’un environnement où les valeurs de solidarité, de respect et d’engagement ont façonné son caractère dès le plus jeune âge.
Issu d’une famille révolutionnaire, tant du côté paternel que maternel, il a grandi dans le sillage d’un père, Belkacem, officier de la Police nationale, reconnu pour sa bienveillance et son sens de l’accueil. Leur domicile à Chevalley, sur les hauteurs d’Alger, était ouvert à tous ceux venus du village ou de la région pour régler leurs affaires administratives. Cet esprit d’entraide a profondément marqué Achiou, qui en a fait un principe de vie, aussi bien sur le terrain qu’en dehors.
Formé à l’ES Ben Aknoun, il rejoint dès 1991 l’USM Alger, club avec lequel il va écrire l’essentiel de sa carrière. Pendant seize années, il s’impose comme un joueur emblématique, contribuant aux succès du club et marquant de son empreinte plusieurs générations de supporters par son élégance et son professionnalisme. Après une expérience en Europe avec le FC Aarau en Suisse, il revient lors de la saison 2009/2010 à son club de cœur, preuve de son attachement indéfectible à ses racines sportives.
Sur le plan international, Hocine Achiou honore sa première sélection avec l’équipe nationale d’Algérie le 25 janvier 2003 face à l’Ouganda. Il s’impose rapidement au sein des Verts, totalisant 26 sélections pour 3 buts entre 2003 et 2009. Son nom reste à jamais associé à la CAN 2004 en Tunisie, où il inscrit un but resté dans les mémoires face à l’Égypte. À la toute fin du match, sa chevauchée décisive offre la victoire à l’Algérie (2-1), dans un moment de pure intensité. Ce geste, considéré comme l’un des plus beaux buts du tournoi, lui vaut même un surnom donné par la presse égyptienne, « El Harami » — “le voleur” — tant son but a brisé les espoirs de qualification de leur sélection.
Cousin de l’ancien attaquant de la JSK, Rachid Lakhdari, Achiou s’inscrit dans une continuité familiale où le football est aussi une affaire d’honneur et de transmission. Tout au long de sa carrière, il s’est distingué par un comportement exemplaire, fidèle à l’éducation qu’il a reçue.
Beaucoup s’accordent à dire que son talent aurait mérité une reconnaissance encore plus grande sous le maillot national. Mais au-delà des chiffres, Houcine Achiou demeure une figure respectée, symbole d’un football propre, engagé et digne.
Aujourd’hui entraîneur en Libye, il continue de transmettre ces valeurs avec humilité et rigueur. Pour les enfants de Tala Lvir et pour tous ceux qui ont suivi son parcours, il reste un modèle discret mais puissant : celui d’un homme fidèle à ses racines, à son histoire et à ses principes.

