Kheireddine Zetchi restera, pour beaucoup, comme l’un des grands artisans du plus beau chapitre du football algérien moderne : la victoire historique à la Coupe d’Afrique des Nations 2019. Élu en 2017 à la présidence de la Fédération algérienne de football (FAF), l’homme fort du Paradou AC et entrepreneur respecté avait un rêve clair : remettre le football algérien au sommet. Trois ans plus tard, ce rêve s’est transformé en réalité.
Le geste fondateur de ce succès fut incontestablement son choix courageux de nommer Djamel Belmadi sélectionneur national en 2018. À l’époque, peu de voix misaient sur ce coach encore peu expérimenté au niveau africain. Mais Zetchi, homme discret et travailleur acharné, avait compris qu’au-delà du palmarès, c’est la vision et la personnalité qui pouvaient changer le destin des Verts.
Entre Zetchi et Belmadi, la collaboration s’est rapidement transformée en confiance absolue. Loin des pressions médiatiques et politiques, le président de la FAF a mis à disposition du sélectionneur tous les moyens nécessaires : des stages parfaitement organisés, des conditions d’entraînement optimales et, surtout, une sérénité totale autour de l’équipe nationale. C’est cette stratégie, fondée sur la stabilité et le professionnalisme, qui a permis aux Fennecs de briller en Égypte et de décrocher la deuxième étoile, 29 ans après celle de 1990.
Ce sacre n’est pas seulement un exploit sportif : il a aussi été un formidable moment d’unité pour le peuple algérien, en pleine effervescence du Hirak. Dans ce contexte social bouillant, Zetchi a choisi de rester dans l’ombre, concentré sur l’essentiel : laisser Belmadi et ses joueurs écrire l’histoire.
Aujourd’hui, alors que Kheireddine Zetchi est emprisonné pour des raisons qui demeurent floues, beaucoup se souviennent de son rôle déterminant dans cette aventure. À l’approche du 5 juillet, date hautement symbolique de l’indépendance, certains espèrent un geste du président Abdelmadjid Tebboune, qui a souvent affirmé son attachement à la justice sociale et à la réconciliation.
Nous pensons aussi à Mohamed Saad, ancien rédacteur en chef du Buteur et secrétaire général de la FAF, incarcéré pour mauvaise gestion administrative ; ainsi qu’à Mounir Dbichi et Abdelghani Nekkache, eux aussi poursuivis. L’histoire retiendra peut-être leurs erreurs, mais elle ne doit pas oublier non plus leurs apports.
Le trophée de la CAN 2019 ne porte pas un seul nom. Mais sans la vision et le courage de Kheireddine Zetchi, cette seconde étoile n’aurait peut-être jamais brillé sur le maillot de l’Algérie.

