Deuxième du groupe C avant la dernière journée, le MC Alger nourrissait encore de réels espoirs de qualification. Mais la défaite face aux Mamelodi Sundowns a scellé le sort du club algérois, éliminé dès la phase de groupes de la Ligue des champions CAF.
Un coup d’arrêt sportif, mais aussi un signal d’alerte structurel. À l’issue de cette campagne continentale frustrante, l’entraîneur Rhulani Mokwena a livré une analyse lucide des limites auxquelles son équipe a été confrontée.

Un effectif jugé insuffisant pour rivaliser
Pour le technicien sud-africain, la profondeur de l’effectif a été un facteur déterminant dans l’élimination. « Il est impossible de gérer une saison avec seulement 22 joueurs, vu le nombre de matchs et de déplacements », a-t-il expliqué. Selon lui, la gestion de la charge physique et les options tactiques ont été considérablement réduites.
Dans une compétition exigeante, où les déplacements sont longs et les calendriers denses, le manque de rotation s’est progressivement fait sentir. Face à des adversaires mieux armés, la marge de manœuvre du staff technique s’est révélée limitée.
Des contraintes réglementaires pointées du doigt
Au-delà de l’aspect purement sportif, Rhulani Mokwena estime que les difficultés du club trouvent aussi leur origine dans le cadre réglementaire du football algérien. Il évoque notamment la limitation du nombre de joueurs étrangers, les restrictions liées à l’âge et la difficulté à retenir ou attirer certains profils expérimentés.
« Nous sommes limités à quatre joueurs étrangers, avec en plus des restrictions d’âge. Cela nous empêche de recruter certains profils expérimentés », a-t-il regretté. Selon lui, les joueurs âgés de 24 à 28 ans privilégient majoritairement l’Europe, réduisant encore le vivier de recrutement compétitif sur le continent.
Vers une réflexion sur l’évolution du modèle ?
Sans vouloir formuler de reproches directs aux instances, l’entraîneur du MC Alger plaide pour une réflexion globale. Il estime qu’une adaptation de certaines règles pourrait contribuer à renforcer la compétitivité du championnat et, par ricochet, celle des clubs engagés sur la scène africaine.
« Ce ne sont pas des excuses. Je ne critique pas non plus les instances. Mais pour développer le football algérien, il faudra peut-être adapter certaines règles », a-t-il suggéré.
Une élimination aux conséquences plus larges
Au-delà de la déception sportive, l’élimination du MC Alger ouvre donc un débat de fond sur l’environnement structurel du football local. Entre contraintes réglementaires, attractivité du marché et exigences du haut niveau continental, la question de l’adaptation du modèle algérien semble désormais posée.
Reste à savoir si cette sortie prématurée en Ligue des champions CAF marquera simplement la fin d’un parcours européen… ou le début d’une réflexion plus profonde sur l’avenir du football algérien.

