Mahrez sur le banc : la fin d’un règne avec les Fennecs ?

Le signal est fort, presque brutal. Lors du match face à l’Uruguay, Riyad Mahrez n’était pas titulaire. Un choix qui dépasse largement le simple cadre tactique et qui alimente aujourd’hui une question brûlante : assiste-t-on à la fin de l’ère Mahrez avec l’équipe d’Algérie ?

Car il ne s’agit pas de n’importe quel joueur. Pendant plus d’une décennie, Mahrez a incarné le visage, le talent et l’ambition des Fennecs. Ballon d’or africain, leader technique, héros de la CAN 2019… son héritage est immense. Mais dans le football moderne, même les légendes ne sont pas éternelles.

Un choix loin d’être anodin

Face à l’Uruguay, le sélectionneur a tranché : Mahrez sur le banc. Officiellement, “le collectif prime sur les noms”. Une phrase classique… mais qui, dans ce contexte, sonne presque comme un tournant stratégique.

D’autant plus que l’entrée de Mahrez en seconde période a immédiatement changé le rythme du match. Vision, créativité, justesse technique : en quelques minutes, il a rappelé pourquoi il reste un joueur à part. Alors pourquoi ne pas l’avoir titularisé ?

La réponse pourrait être ailleurs.

Un déclin physique inévitable ?

À 35 ans, Mahrez n’a plus la même capacité à répéter les efforts qu’à son apogée. C’est une réalité que même ses plus grands admirateurs ne peuvent ignorer. Le football international exige aujourd’hui une intensité constante, un pressing agressif et une implication défensive totale.

Dans cette logique, le choix du sélectionneur pourrait être clair : préparer l’avenir.

Moins dépendre d’un joueur, même génial, et construire un collectif capable de rivaliser avec les plus grandes nations… y compris une Argentine en transition autour d’un Lionel Messi lui aussi en fin de cycle.

Une transition déjà enclenchée ?

Ce qui intrigue, c’est le timing. Le sélectionneur avait lui-même insisté pour convaincre Mahrez de poursuivre l’aventure internationale. Pourquoi le reléguer aujourd’hui à un rôle secondaire ?

La réponse pourrait être stratégique : accompagner progressivement la sortie du joueur sans provoquer de rupture brutale. Une manière de préserver le vestiaire tout en installant une nouvelle hiérarchie.

Mais ce pari est risqué.

Car se passer trop tôt de Mahrez, c’est aussi se priver d’un joueur capable de faire basculer un match à lui seul. Et dans une Coupe du monde, ce genre de profil est souvent décisif.

La fin… ou une renaissance ?

Alors, est-ce vraiment la fin de Mahrez avec les Fennecs ? Rien n’est encore acté. Le capitaine reste influent, respecté, et surtout toujours capable de coups d’éclat.

Mais une chose est sûre : son statut a changé.

De leader incontesté, il pourrait devenir un joker de luxe. Un rôle difficile à accepter pour un joueur de son calibre… mais parfois nécessaire pour prolonger une carrière au plus haut niveau.

La vraie question est désormais mentale : Mahrez acceptera-t-il cette nouvelle réalité ? Ou assistera-t-on à une sortie progressive, presque silencieuse, de l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football algérien ?

Le début de réponse pourrait arriver très vite. Et il pourrait bien marquer la fin d’une époque.

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