Paris, le 31 octobre 2025 — Par la rédaction de ShootAfrica
À moins de deux mois du coup d’envoi de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, le Maroc se prépare à accueillir le continent sous son meilleur jour. Infrastructures modernes, stades flambant neufs, stratégie d’image : le pays coche presque toutes les cases. Mais derrière cette réussite sportive, des questions demeurent sur la capacité des services publics – notamment les hôpitaux – à suivre le rythme de cette ambition.
Des infrastructures sportives à la hauteur du continent
Le tournoi se déroulera du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, dans neuf stades répartis sur six villes : Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Fès et Agadir. Le Complexe Prince Moulay Abdellah (69 500 places) accueillera l’ouverture et la finale, tandis que le nouveau stade olympique de Rabat, inauguré en mai 2025 pour un coût de 528 millions de dirhams, sera un modèle d’efficacité et de modernité.
À Casablanca, la construction du futur Stade Hassan II, estimée à 5 milliards de dirhams, s’inscrit dans une vision à long terme en vue du Mondial 2030 que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.
Au total, les investissements liés aux infrastructures sportives et logistiques dépassent les 14 milliards de dirhams selon les estimations gouvernementales. Ces montants témoignent d’une volonté claire : faire du Royaume un hub sportif et diplomatique africain.
Un système de santé en souffrance malgré les réformes
Sur le plan sanitaire, le Maroc affiche une ambition comparable, mais les défis sont considérables. Le budget du ministère de la Santé atteindra en 2026 un record de 42,4 milliards de dirhams, soit une hausse d’environ 30 % par rapport à l’année précédente.
Plusieurs projets sont en cours : la construction de nouveaux CHU à Béni Mellal, Guelmim, Errachidia et Rabat, la réhabilitation de 90 hôpitaux (budget de 1,32 milliard de dirhams) et le lancement d’un programme national visant 83 établissements pour un total de 8 700 lits. Toutefois, le ratio actuel reste limité à environ 0,7 lit pour 1 000 habitants, en dessous des standards régionaux.
Les récentes émeutes survenues dans certaines villes ont mis en lumière ces fragilités, notamment après les drames à l’hôpital public Hassan II d’Agadir. De nombreux citoyens ont exprimé leur frustration face à un système hospitalier jugé inégal et débordé.
Entre fierté nationale et vigilance citoyenne
Le Maroc aborde cette CAN avec une double responsabilité : réussir l’organisation sportive et répondre aux attentes sociales. Sur le premier plan, tout indique que le pari est en passe d’être gagné. Sur le second, les signaux appellent à la prudence.
Les autorités ont promis des plans d’urgence médicale dans les villes-hôtes, des unités mobiles et des conventions avec des cliniques privées pour renforcer la couverture sanitaire durant le tournoi. Reste à assurer un suivi transparent et mesurable.
La CAN 2025 sera un test de gouvernance : elle montrera si le Maroc peut conjuguer ambition internationale et justice sociale dans la même dynamique.
Pour une CAN durable et inclusive
- Transparence : publication régulière des budgets et contrats liés à la CAN.
- Urgence sanitaire : renforcement des structures hospitalières autour des stades.
- Dialogue : association des citoyens aux comités de suivi locaux.
- Évaluation : rapport post-CAN sur l’impact social et économique.
Si ces engagements sont tenus, le Maroc pourrait faire de la CAN 2025 non seulement une réussite sportive, mais aussi un exemple africain de développement responsable et durable.
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Sources : CAF, ministère marocain de la Santé, SNRT News, La Quotidienne, Le Monde, L’Économiste.

