Le feuilleton continue au MC Alger. Cette fois, c’est Rulani Mokwena qui quitte le banc du Doyen après seulement huit mois. Officiellement, le technicien sud-africain aurait décidé lui-même de partir, à l’issue d’une réunion avec la direction. Une séparation “à l’amiable”, accompagnée – comme toujours – d’un communiqué poli, rempli de remerciements et de vœux de réussite.
Mais derrière ce langage diplomatique, la réalité du football algérien pose question.
Des milliers d’euros… pour finir par partir
On recrute un entraîneur étranger avec un salaire estimé à plusieurs dizaines de milliers d’euros par mois. On le présente comme le sauveur du club, celui qui doit tout révolutionner. On organise conférences de presse, photos officielles et promesses de stabilité.
Et puis quelques mois plus tard, le même scénario se répète :
- pression permanente autour du club
- climat interne tendu
- critiques incessantes
- et finalement… “le coach décide de partir”
Par magie, la responsabilité semble toujours disparaître.
Des résultats pourtant loin d’être catastrophiques
Sous la direction de Mokwena, le MC Alger :
- a remporté la Supercoupe d’Algérie,
- est resté leader du championnat,
- a disputé 33 matchs avec 19 victoires.
Un bilan loin d’être celui d’un entraîneur en échec total. Pourtant, il s’en va.
Alors la question se pose : qui est réellement responsable de ces départs précipités ?
La culture du “merci et au revoir”
Dans le football local, la méthode est devenue presque une tradition :
- on limoge ou on pousse vers la sortie,
- on publie un communiqué officiel rempli de gratitude,
- on tourne la page comme si rien ne s’était passé.
Résultat :
- des clubs qui dépensent des fortunes en indemnités,
- des projets sportifs qui ne durent jamais,
- et des entraîneurs qui deviennent les fusibles d’un système instable.
La vraie question
Quand un entraîneur quitte un club leader du championnat en parlant de pression et de climat malsain, ce n’est plus un simple départ. C’est le symptôme d’un problème plus profond.
Car à force de changer d’entraîneur tous les quelques mois, le football perd toute vision à long terme.
Et au final, on assiste toujours à la même scène :
un coach arrive avec de grandes ambitions…
et repart avec un communiqué de remerciements.
Le football mérite mieux que ce théâtre permanent des bancs de touche.

