Le technicien espagnol de 57 ans, très proche de Pablo Longoria, va s’engager pour deux saisons et prendre la suite d’Igor Tudor. Récit d’une négociation pas comme les autres
Un ancien dirigeant de l’OM, en poste il y a quelques années, nous avait confié : « Dans le football, il ne faut jamais travailler avec ses amis. C’est la fausse bonne idée par excellence… »
Pablo Longoria est parfaitement conscient de cette problématique. Mais le président actuel, prudent au départ, va le faire quand même. Après trois semaines de flou et une palanquée de pistes étudiées pour remplacer Igor Tudor, il a donc choisi Marcelino, l’entraîneur dont il est le plus proche au monde, celui qui lui a mis le pied à l’étrier dans le football voilà un peu plus de quinze ans et chez lequel il avait même logé durant l’été 2006. Leurs liens sont particulièrement forts (lire l’interview ci-dessous). Après de longues discussions et un accord trouvé dans la nuit de mardi à mercredi, le technicien de 57 ans va donc débarquer en Provence dans les prochains jours et signer un contrat de deux ans.
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Le suspense était devenu insupportable pour les amoureux de l’Olympique qui commençaient à s’inquiéter de l’identité du successeur du Croate. Beaucoup ont espéré voir l’Argentin Marcelo Gallardo, libre depuis son départ de River Plate, arriver, mais les positions des deux camps, de plus en plus crispés, étaient trop éloignées. Les négociations ont fini par être définitivement rompues le week-end dernier.
On ne saura jamais à quel niveau de l’alphabet des plans se situait Marcelino, mais il n’était en tout cas pas le « A ». Ni même le « B », puisque celui-ci semblait être le Portugais Paulo Fonseca, finalement barré par le Losc, alors que l’option Christophe Galtier est toujours restée dans un coin de la tête de l’état-major phocéen, sans pour autant que ça n’aille beaucoup plus loin.
Longtemps, en interne, la solution incarnée par l’Ibère passé par Gijon, Huelva, Santander, Saragosse, Séville, Villarreal, Valence et Bilbao, a été considérée comme celle de la « facilité ». Mais, après tout, pourquoi se compliquer la vie lorsqu’on a sous la main ou presque un coach réputé, avec lequel le feeling est excellent, et qui, de surcroît, a pris le soin de décortiquer minutieusement l’effectif et ses besoins ? C’est ce qui a fait pencher la balance en faveur de Marcelino après des échanges qui se sont multipliés avant, pendant et après le voyage de Pablo Longoria aux États-Unis la semaine passée.
Avantage et inconvénients de l’amitié
Le natif de Villaviciosa avait en effet démarré depuis plusieurs jours son travail d’analyse et en a discuté longuement avec son compatriote. C’est aussi pour cette raison que le dénouement du feuilleton a pris du temps, d’autant que d’autres concurrents étaient encore en lice. De source proche du dossier, on explique en effet que l’Espagnol a besoin de sentir qu’il peut s’appuyer sur un groupe de joueurs qui lui correspond. Poste par poste, ligne par ligne, les deux camps ont donc analysé les références de chaque élément.
Les relations amicales ont aussi compté, forcément. Quand on a déjà bossé côte à côte, tout est plus limpide. « Lors de l’intersaison 2006, à Huelva, je l’avais accueilli chez moi et on avait vécu ensemble un temps, racontait Marcelino à propos du président olympien dans nos colonnes l’an dernier. Nous avions travaillé ensemble à la recomposition de l’effectif. C’était une relation entre deux personnes qui se faisaient mutuellement confiance, qui avaient les mêmes idées et qui étaient à la recherche de joueurs. Plus qu’un conseiller, il était une source d’opinion très fiable. »
Avantage de cette nouvelle collaboration, la 4e après Huelva (2005-07), donc, mais aussi Santander (2007-08) et Valence (2018-19) : les deux hommes se connaissent sur le bout des doigts. Marcelino entretient également de bons rapports avec Javier Ribalta, directeur du football de la maison ciel et blanc, même s’ils n’ont encore jamais défendu les mêmes couleurs.
Inconvénient : si Marcelino échoue dans sa mission (en ne qualifiant pas l’OM pour la Ligue des champions après le 3e tour de qualifications et les barrages dès le mois d’août, par exemple), Pablo Longoria sera considéré comme le principal responsable et devra, forcément, répondre aux critiques de supporters qui l’accuseront alors d’avoir privilégié son ami. Après avoir été patients au cours de la saison écoulée, notamment après les désillusions subies face à Tottenham en C1 puis Annecy en coupe de France, les groupes ont d’ailleurs récemment fait savoir au club qu’ils auraient du mal à digérer d’autres affronts de ce type en 2023-24.
On n’en est évidemment pas là, bien sûr. Mais le temps presse désormais : le marché estival des transferts a déjà démarré, la reprise de l’entraînement est fixée le lundi 3 juillet, soit dans à peine plus de dix jours, et l’effectif est loin d’être constitué. Des prêts sont terminés, comme ceux de Nuno Tavares (qui ne reviendra pas) ou Issa Kaboré, des joueurs sont en fin de contrat et ne sont pas encore sûrs de prolonger l’aventure (Alexis Sanchez, Sead Kolasinac) et d’autres pourraient être vendus (Leonardo Balerdi, Matteo Guendouzi). L’été va continuer d’être chaud à l’OM…

