Mercato en Algérie ⚠️ : entre opacité, copinage et absence de stratégie

Par la rédaction de ShootAfrica – Août 2025

Alors que la planète football vibre au rythme du mercato estival, le football algérien, lui, continue de s’enfoncer dans une spirale inquiétante de mauvaise gestion. Le recrutement dans les clubs professionnels algériens demeure l’un des talons d’Achille d’un système à bout de souffle. À l’heure où les pays voisins misent sur des politiques sportives ambitieuses, l’Algérie semble camper sur des pratiques archaïques où copinage, opacité et absence de cellule de recrutement dictent les mouvements de joueurs.


🔍 Recrutement à l’aveugle : une absence flagrante de politique sportive

Dans la majorité des clubs algériens, le mercato est rarement piloté par une cellule de recrutement structurée. Peu d’équipes disposent d’un département technique dédié à l’analyse des profils, des performances ou des statistiques des joueurs. À la place, ce sont les réseaux personnels, les affinités, et parfois les intérêts financiers inavouables qui prennent le dessus.

« On recrute au gré des amitiés et des recommandations d’agents autoproclamés », confie un ancien dirigeant de club sous anonymat. Résultat : les clubs changent de joueurs comme de chemise, sans cohérence tactique, sans vision à moyen terme, et souvent sans réel suivi de performance.


💼 Le rôle trouble des « agents » : entre piston et rétrocommissions

Le phénomène des pseudo-agents est au cœur de cette dérive. Certains dirigeants ou entraîneurs s’entourent d’intermédiaires qui orientent les recrutements en échange de commissions, parfois partagées. Cette logique court-termiste dessert non seulement la performance sportive, mais elle étouffe aussi les jeunes talents formés localement, souvent écartés faute de réseau.

« Il y a des jeunes largement au niveau qui sont laissés sur le carreau, simplement parce qu’ils ne sont pas représentés par les bonnes personnes », regrette un formateur de la région d’Oran.


🛑 Suppression du championnat U21 : un coup de grâce pour les jeunes

La décision jugée incompréhensible par de nombreux acteurs de la discipline – à savoir la suppression du championnat U21 – vient achever un modèle déjà fragile. Cette mesure, appliquée cette saison, prive des centaines de jeunes nés en 2004 et 2005 de visibilité, de compétition et donc d’opportunités.

Qui accueillera ces joueurs désormais ? La plupart des clubs ne leur ont pas proposé de contrat senior. Et lorsqu’on tente d’interroger les dirigeants sur le sort de cette génération sacrifiée, c’est le silence radio. Aucun club n’a souhaité officiellement répondre à nos sollicitations, preuve d’un malaise profond.


📉 Des conséquences directes sur le niveau du championnat

L’absence de planification stratégique dans les recrutements engendre une instabilité chronique des effectifs, des entraîneurs constamment contraints de bricoler, et des performances en dents de scie. Le football algérien reste prisonnier d’un modèle où la quantité prime sur la qualité, où le court terme domine le projet sportif.


✅ Recommandations : vers un recrutement transparent et structuré

Pour sortir de cette impasse, plusieurs solutions existent :

  • Créer des cellules de recrutement dans chaque club avec des analystes vidéo et des scouts formés.
  • Valoriser les données et les statistiques pour objectiver les choix.
  • Encadrer le rôle des agents, en obligeant les clubs à publier les noms des intermédiaires impliqués dans chaque transfert.
  • Relancer les championnats de jeunes avec des passerelles claires vers les équipes premières.
  • Instaurer un cahier des charges fédéral pour professionnaliser les politiques de recrutement.

⚽ Un football en quête de crédibilité

Le football algérien ne manque pas de talents. Il manque d’un système capable de les détecter, de les encadrer et de les faire éclore dans des conditions dignes. Tant que le mercato restera une zone de non-droit, dominée par les intérêts particuliers et l’opacité, le développement du football local restera un vœu pieux.

📌 Il est urgent que la FAF et les clubs prennent conscience de cette dérive et engagent une réforme profonde, pour que le football algérien redevienne une fierté nationale plutôt qu’un théâtre de jeux d’influence.


Le patriotisme bruyant, agité à chaque intersaison comme un drapeau de guerre, est un piège.

L’amour du pays ne se mesure ni au montant des transferts, ni à l’ampleur des salaires versés, mais à l’exigence, à la rigueur et à la volonté de bâtir quelque chose de solide, structuré et permanent.

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