Messaoud Yahiaoui : un sourire, un talent, une mémoire éternelle

Par Yassine Bouali, Directeur de ShootAfrica


Introduction

Il y a des destins qui marquent une génération entière. Des trajectoires interrompues trop tôt, mais qui laissent une empreinte indélébile.
Celui de Messaoud Yahiaoui, enfant de Béni-Mansour et joueur de l’Olympique Akbou, appartient à cette catégorie. Quarante-cinq ans après sa disparition tragique, son nom résonne encore comme une blessure, mais aussi comme un souvenir lumineux.


Le prodige de Béni-Mansour

Dans les années 70, le football était l’âme de nos villages. À Béni-Mansour, la JSB (Jeunesse Sportive de Béni-Mansour) faisait battre nos cœurs. Parmi ses joueurs, deux frères illuminaient les terrains : Messaoud et Mabrouk Yahiaoui.

  • Messaoud, attaquant longiligne, au dribble facile et à la frappe redoutable.
  • Mabrouk, milieu de terrain talentueux, qui lançait son frère dans la profondeur.

Leur complicité formait une arme redoutable, attirant vite l’attention au-delà des frontières du village.
Lorsque les dirigeants de l’Olympique Akbou (OA) repérèrent Messaoud, ce fut une fierté immense pour Béni-Mansour : l’un des siens allait rejoindre le club phare de la région, et évoluer aux côtés du canonnier Rachid Djari.


L’homme derrière le joueur

S’il brillait ballon au pied, Messaoud brillait surtout par son humanité.

  • Un sourire qui ne le quittait jamais.
  • Une gentillesse désarmante.
  • Une élégance naturelle qui marquait tous ceux qui le croisaient.

Pour moi, gamin passionné de football, il représentait bien plus qu’un joueur : un grand frère.
Je garde en mémoire ce geste tout simple, quelques jours avant sa disparition, lorsque j’étais allé lui chercher son sac pour un match. Une fierté d’enfant, un souvenir devenu aujourd’hui un trésor.


Le drame

La tragédie survint brutalement, à la fin des années 70. Messaoud venait de se marier, il débutait à peine une nouvelle étape de sa vie, lorsqu’un accident de la route l’arracha aux siens.

Le village entier vécut sa mort comme une déchirure. On pleura un frère, un ami, un fils, un joueur, mais surtout un homme que tout le monde aimait.

Le destin fut encore plus cruel : Messaoud partit quelques mois avant la naissance de son fils, Soufiane. Aujourd’hui, celui-ci est devenu médecin spécialiste, héritier silencieux d’un père qu’il n’a jamais connu, mais dont il porte la mémoire à travers les récits de ceux qui l’ont aimé.


Encadré – Repères biographiques

  • Nom : Messaoud Yahiaoui
  • Origine : Béni-Mansour (Algérie)
  • Clubs : JSB (Jeunesse Sportive de Béni-Mansour), Olympique Akbou
  • Époque : fin des années 70
  • Poste : attaquant
  • Traits marquants : dribble facile, frappe puissante, sourire et gentillesse légendaires
  • Décès : fin des années 70, dans un accident de circulation
  • Famille : frère Mabrouk (milieu de terrain), un fils, Soufiane (médecin spécialiste)

Héritage et mémoire

Quarante-cinq ans après, son souvenir ne s’estompe pas. À Béni-Mansour, beaucoup se rappellent encore :

  • sa carrure longiligne,
  • son élégance,
  • son sourire lumineux,
  • sa simplicité touchante.

À travers ShootAfrica, je voulais raviver cette mémoire, rappeler aux jeunes générations qu’avant les grandes stars médiatisées d’aujourd’hui, il y avait des héros locaux, des joueurs qui, sans trophées ni projecteurs, ont marqué à jamais nos vies.

Messaoud Yahiaoui n’était pas seulement un joueur de football. Il était un frère, une promesse, un homme dont la lumière continue de briller dans nos mémoires.


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