Mezian Mesloub : trois pays, un jeune joueur… et déjà victime d’un patriotisme qui dérape

Le jeune talent du RC Lens se retrouve au cœur d’une polémique qui n’a rien à faire sur un terrain de football. France, Algérie ou Portugal : son parcours familial lui offre plusieurs possibilités, mais certains internautes ont choisi les insultes et le harcèlement. Jusqu’où ira cette folie autour du choix d’une sélection ?

Il n’a que 16 ans. Il vient à peine de commencer à écrire son histoire dans le football professionnel. Et pourtant, Mezian Mesloub se retrouve déjà confronté à une pression qui dépasse largement le cadre sportif.

Le jeune joueur du RC Lens est aujourd’hui la cible, avec sa famille, de commentaires virulents sur les réseaux sociaux. Insultes, jugements, accusations et procès en « patriotisme » : certains ont décidé de transformer le parcours international d’un adolescent en véritable affaire d’État.

Mais rappelons une chose essentielle : il s’agit de football.

Un jeu. Un sport. Une passion.

Pas d’un combat entre nations.

Trois pays, une histoire familiale

Le cas de Mezian Mesloub est particulier.

Né en France, il possède des attaches françaises, algériennes et portugaises. Son père, Walid Mesloub, ancien international algérien à sept reprises, a lui-même porté le maillot des Fennecs.

Sa mère est portugaise.

Mezian a déjà choisi de représenter le Portugal dans les catégories de jeunes, avec des apparitions chez les U16 et U17 portugais.

Et c’est précisément ce choix qui semble avoir déclenché la colère de certains internautes.

Comme si un adolescent devait rendre des comptes à des adultes sur ses origines.

Comme si porter le maillot portugais chez les jeunes constituait une trahison.

Comme si le père devait être tenu responsable du choix de son fils.

Le procès fait au père est indigne

Certains vont jusqu’à accuser Walid Mesloub d’avoir « cédé » à la pression de son épouse ou de sa belle-famille portugaise.

Mais sur quoi repose cette accusation ?

Rien ne justifie de s’en prendre à un père qui accompagne simplement son enfant dans son parcours.

Walid Mesloub a été international algérien. Il a porté le maillot national et personne ne peut lui retirer cette histoire.

Mais son fils n’est pas son père.

Mezian doit pouvoir construire sa propre identité, son propre parcours et, surtout, prendre ses décisions lorsqu’il sera en âge de le faire pleinement.

Et si demain la France venait frapper à sa porte ?

C’est là que certains semblent oublier une donnée fondamentale.

Mezian est né en France.

Il est donc également susceptible de représenter les Bleus selon les règles d’éligibilité applicables.

Et si demain son talent continue d’exploser ?

Et si le jeune Lensois devient réellement le joueur exceptionnel que certains observateurs voient déjà en lui ?

Et si la France venait le chercher ?

La question n’est pas absurde.

Lorsque l’on possède un talent capable d’évoluer au plus haut niveau, les portes des grandes sélections peuvent rapidement s’ouvrir.

Alors pourquoi vouloir aujourd’hui enfermer un garçon de 16 ans dans une seule identité ?

Le football n’a pas besoin de ces guerres identitaires

Le plus inquiétant dans cette histoire n’est finalement pas le choix du Portugal.

Ce sont les réactions qu’il provoque.

Le patriotisme peut être magnifique lorsqu’il consiste à aimer son pays, à vibrer pour son équipe et à transmettre une histoire.

Il devient beaucoup moins beau lorsqu’il sert à insulter, harceler ou humilier un jeune joueur et sa famille.

Le football a toujours été un formidable lieu de rencontres entre les cultures.

Il ne devrait jamais devenir un tribunal où l’on demande à un adolescent de prouver qu’il est « assez algérien », « assez français » ou « assez portugais ».

Laissez Mezian grandir

À ShootAfrica, nous considérons que le plus important aujourd’hui est de protéger le jeune joueur de cette pression inutile.

Mezian Mesloub a 16 ans.

Il doit travailler. Apprendre. Jouer. Progresser.

Il doit pouvoir rêver de devenir un grand footballeur sans avoir à lire chaque semaine des commentaires lui expliquant à qui il « appartient ».

Il n’appartient à personne.

Son talent lui appartient. Son avenir lui appartient. Son choix lui appartiendra.

France ? Algérie ? Portugal ?

Peut-être qu’un jour il aura une réponse claire.

Peut-être que son cœur le conduira vers le pays de sa naissance, celui de son père ou celui de sa mère.

Mais ce choix doit être le sien.

Pas celui des réseaux sociaux.

Pas celui des supporters.

Pas celui des commentateurs de comptoir.

Et surtout pas celui d’un prétendu patriotisme qui transforme un simple match de football en guerre identitaire.

À 16 ans, Mezian Mesloub doit avoir le droit de rêver.

Laissez-le grandir, tranquillement et sereinement.

Le football rend parfois fous les passionnés. Mais il ne doit jamais rendre les imbéciles haineux.

ShootAfrica — Le football africain, sans frontières.

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