À première vue, la Jordanie peut sembler être un adversaire abordable pour l’Algérie. Pourtant, derrière cette image d’outsider se cache une sélection en pleine transformation, portée par une génération talentueuse, un sélectionneur expérimenté et des résultats historiques sur la scène asiatique.
Qualifiée pour sa première Coupe du Monde, la Jordanie arrive désormais avec de grandes ambitions et un football beaucoup plus structuré qu’auparavant.
Jamal Sellami, l’architecte du renouveau jordanien
Depuis 2024, la sélection jordanienne est dirigée par le technicien marocain Jamal Sellami, ancien international marocain ayant participé à la Coupe du Monde 1998 avec les Lions de l’Atlas.
Né à Casablanca en 1970, Sellami possède une solide réputation dans le football marocain. Ancien milieu défensif élégant et tactiquement intelligent, il a notamment porté les couleurs du Raja Casablanca et du Besiktas en Turquie.
Son palmarès comme joueur
- Champion du Maroc avec le Raja Casablanca ;
- Vainqueur de la Ligue des champions africaine 1997 ;
- Triple vainqueur de la Coupe arabe des vainqueurs de coupe ;
- Participation au Mondial 1998 avec le Maroc.
Son palmarès comme entraîneur
Avant d’arriver en Jordanie, Sellami s’est imposé comme l’un des meilleurs techniciens marocains :
- Champion du Maroc avec le Raja Casablanca en 2020 ;
- Vainqueur du Championnat d’Afrique des Nations (CHAN) 2018 avec le Maroc local ;
- Élu meilleur entraîneur du championnat marocain à plusieurs reprises.
Il a succédé à Hussein Ammouta après le parcours historique de la Jordanie en Coupe d’Asie 2024. Sa mission était claire : faire franchir un nouveau cap à cette équipe et décrocher une qualification mondiale. Mission accomplie avec la première qualification de l’histoire du pays pour une Coupe du Monde.
Sellami est reconnu pour :
- sa discipline tactique ;
- son travail défensif rigoureux ;
- sa capacité à organiser les transitions rapides ;
- son management calme mais exigeant.
Tactiquement, il privilégie souvent un système flexible entre le 4-2-3-1 et le 3-4-2-1.
Mousa Al-Tamari, la superstar jordanienne
Le véritable symbole du football jordanien moderne s’appelle Mousa Al-Tamari.
Rapide, technique et explosif, Al-Tamari est considéré comme le meilleur joueur de l’histoire récente de la Jordanie. Il évolue principalement comme ailier droit mais peut également jouer en soutien de l’attaquant.
Sa principale force réside dans :
- sa vitesse en contre-attaque ;
- sa capacité à éliminer en un contre un ;
- sa percussion balle au pied ;
- son efficacité dans les grands matchs.
Lors de la Coupe d’Asie 2024, il a été l’un des grands artisans du parcours historique jordanien jusqu’en finale. Son duo avec Yazan Al-Naimat a fait énormément de dégâts contre les grandes nations asiatiques.
Al-Tamari est aujourd’hui la référence offensive du pays et le joueur que l’Algérie devra absolument surveiller.
Yazan Al-Naimat, le buteur qui monte
Autre arme offensive majeure : Yazan Al-Naimat.
L’attaquant jordanien s’est révélé au niveau international lors de la Coupe d’Asie où il a marqué contre :
- la Corée du Sud ;
- l’Irak ;
- le Qatar en finale.
Durant les qualifications pour la Coupe du Monde 2026, il a inscrit huit buts et joué un rôle déterminant dans la qualification historique du pays.
Ses qualités
- déplacements intelligents ;
- vitesse dans la profondeur ;
- sang-froid devant le but ;
- gros volume de courses.
Il est considéré comme l’un des meilleurs attaquants asiatiques de sa génération.
Ali Olwan, le troisième homme fort
Ali Olwan complète le trio offensif jordanien surnommé par certains médias “le trio de la terreur”.
Polyvalent, puissant et très mobile, il peut évoluer :
- en pointe ;
- sur les côtés ;
- derrière l’attaquant.
Lors de la Coupe arabe 2025, il a terminé meilleur buteur du tournoi avec six réalisations et a porté son équipe jusqu’en finale.
Olwan est particulièrement dangereux :
- dans les appels en profondeur ;
- sur les transitions rapides ;
- dans les duels physiques.
Le principal exploit : la Coupe d’Asie 2024
Le football jordanien a changé de dimension lors de la Coupe d’Asie 2024 au Qatar.
Avant ce tournoi, personne n’imaginait la Jordanie atteindre la finale. Pourtant, les Jordaniens ont éliminé plusieurs équipes majeures avant de s’incliner face au Qatar en finale.
Les grandes performances du tournoi
- victoire contre l’Irak ;
- victoire contre la Corée du Sud en demi-finale ;
- première finale asiatique de l’histoire du pays.
Cette campagne a totalement changé le regard porté sur cette sélection.
Le style de jeu jordanien
La Jordanie n’est pas une équipe qui monopolise le ballon. Son football repose surtout sur :
- un bloc compact ;
- des contre-attaques rapides ;
- une grosse intensité physique ;
- des transitions offensives très verticales.
L’équipe cherche souvent à récupérer bas avant de lancer immédiatement ses flèches offensives dans les espaces.
Face à une équipe comme l’Algérie, les Jordaniens devraient probablement :
- défendre regroupés ;
- attendre les erreurs ;
- miser sur la vitesse d’Al-Tamari et d’Al-Naimat.
Pourquoi l’Algérie devra rester prudente
Sur le plan individuel, l’Algérie possède plus d’expérience et davantage de joueurs évoluant dans les grands championnats européens. Mais la Jordanie possède plusieurs qualités capables de poser problème :
- une grande confiance collective ;
- un état d’esprit irréprochable ;
- une discipline tactique remarquable ;
- une attaque très rapide.
Cette sélection n’aura rien à perdre dans cette Coupe du Monde. C’est précisément ce qui la rend dangereuse.
La Jordanie ne possède peut-être pas encore le prestige des grandes nations asiatiques, mais elle arrive au Mondial avec l’ambition de créer la surprise et de poursuivre l’ascension la plus impressionnante du football arabe ces dernières années.

