Le football prétend unir les peuples. Pourtant, à Los Angeles, lors du deuxième match du groupe G entre la Belgique et l’Iran, un épisode a profondément choqué de nombreux observateurs : l’hymne national iranien a été copieusement sifflé par une partie du public présent dans le stade. Des incidents similaires avaient déjà été signalés lors du premier match de l’Iran face à la Nouvelle-Zélande au SoFi Stadium.
Au-delà des divergences politiques que chacun est libre d’exprimer, une question se pose : depuis quand l’hymne d’un pays devient-il une cible acceptable dans une compétition censée promouvoir le respect entre les nations ?
L’Iran n’est pas seulement un État. C’est l’une des plus anciennes civilisations de l’histoire de l’humanité. Son patrimoine culturel, scientifique et artistique a marqué des siècles d’histoire. Que l’on apprécie ou non les dirigeants d’un pays, l’hymne national représente avant tout un peuple, une histoire et une identité collective.
Plus surprenant encore, les commentateurs de la chaîne beIN Sports ont semblé ignorer totalement l’incident. Pas un mot, pas une remarque, pas la moindre analyse sur ces sifflets pourtant audibles. Comme si rien ne s’était produit.
Cette attitude soulève une autre interrogation : certains symboles nationaux mériteraient-ils davantage de respect que d’autres ? Si les mêmes scènes avaient visé d’autres sélections, la réaction médiatique aurait-elle été identique ?
La FIFA, qui sanctionne régulièrement les discriminations, les chants offensants et les comportements jugés contraires à l’éthique sportive, se retrouve désormais face à ses responsabilités. L’instance mondiale a souvent rappelé l’importance du respect des drapeaux, des hymnes et des identités nationales. Reste à savoir si son président, Gianni Infantino, jugera nécessaire de réagir publiquement.
L’affaire intervient dans un contexte déjà tendu autour de la sélection iranienne, confrontée à des difficultés logistiques et à de fortes tensions géopolitiques durant cette Coupe du monde. Plusieurs responsables iraniens ont dénoncé un traitement qu’ils considèrent comme inéquitable.
Une chose est certaine : dans le sport international, critiquer un gouvernement est un droit. Humilier les symboles d’une nation en est un autre débat. Car aujourd’hui c’est l’hymne iranien qui est sifflé. Demain, quel autre peuple sera visé ?
Le respect des nations ne devrait jamais être à géométrie variable.

