La soirée devait être celle de l’opportunité pour Himad Abdelli. Elle s’est transformée, pour certains médias, en tribunal express. À peine arrivé à l’OM cet hiver, l’international algérien se retrouve déjà au cœur de critiques aussi rapides que sévères après l’élimination face à Toulouse FC en Coupe de France.
Mais derrière les jugements hâtifs, une question se pose : pourquoi Abdelli est-il devenu la cible idéale ?
Une soirée difficile… comme tout l’OM
Oui, Abdelli n’a pas livré le match de sa vie au Vélodrome. Mais peut-on sérieusement isoler sa performance alors que l’ensemble de l’OM est passé à côté de son quart de finale ?
Privé de cadres comme Pierre-Emile Højbjerg et Quinten Timber, le club phocéen a affiché un visage nerveux et désorganisé.
Dans ce contexte, Abdelli découvrait :
- sa première titularisation importante
- un stade Vélodrome sous pression
- un nouvel entraîneur, Habib Beye
- un système de jeu qu’il maîtrise encore peu
Autrement dit, loin des conditions idéales pour briller immédiatement.
Le procès de l’“aile de pigeon”
Tout est parti d’un geste raté : une tentative d’aile de pigeon qui n’a pas fonctionné. Un geste qui, ailleurs, serait passé pour une simple maladresse technique.
Mais au Stade Vélodrome, certains ont rapidement transformé ce moment en symbole d’un supposé manque d’implication.
Une interprétation pour le moins sévère, surtout pour un joueur visiblement crispé par l’enjeu et le contexte.
Car il faut le rappeler : Abdelli n’est pas un joueur fantasque venu faire le show. À Angers SCO, il s’était imposé comme un milieu créatif, travailleur et décisif.
Un contexte compliqué depuis son arrivée
Arrivé dans un OM en pleine transition, Abdelli doit déjà composer avec plusieurs obstacles :
- un club en reconstruction
- un changement d’entraîneur
- une forte pression médiatique
- et l’exigence d’un public parmi les plus passionnés d’Europe
Le paradoxe ?
Le joueur avait été recruté dans un projet porté par Roberto De Zerbi. Aujourd’hui, il doit déjà convaincre un nouveau staff.
Pas vraiment la situation la plus simple pour s’adapter.
L’histoire qui se répète ?
Certains supporters marseillais se souviennent du cas Ismaël Bennacer. Lui aussi avait connu des débuts compliqués sur la Canebière, avant de partir ailleurs… et de devenir l’un des meilleurs milieux de sa génération.
La leçon est simple : juger trop vite peut coûter cher.
Abdelli mérite du temps
À 25 ans, Abdelli reste un joueur talentueux, technique et intelligent. Un profil rare dans le football actuel.
Une prestation moyenne dans un match tendu ne devrait pas suffire à déclencher un procès médiatique.
Car une chose est sûre :
les grands joueurs ne se révèlent pas toujours lors de leur première soirée au Vélodrome.
Et si cette tempête médiatique n’était finalement que le début de l’histoire marseillaise d’Abdelli ?

