Quand le Maroc recale le meilleur arbitre africain : la CAN prise en otage

Le football africain pensait avoir tout vu. Il se trompait. À la veille d’un quart de finale explosif entre le Maroc et le Cameroun, une décision prise en coulisses est venue jeter une ombre lourde sur la Coupe d’Afrique des Nations : le meilleur arbitre africain a été écarté… de la VAR. Non pas pour incompétence. Non pas pour une erreur récente. Mais pour ce qu’il représente.

Mustapha Ghorbal, arbitre international reconnu, régulièrement désigné sur les plus grandes compétitions CAF et FIFA, devait initialement être chargé de l’assistance vidéo à l’arbitrage lors de ce choc continental. Un rôle clé, stratégique, censé garantir l’équité dans les moments décisifs. Pourtant, à quelques heures du coup d’envoi, sa présence est soudainement devenue “problématique”.

Officiellement, il s’agissait d’éviter toute “sensibilité”. Officieusement, sa nationalité a suffi à remettre en cause sa légitimité. Une décision lourde de conséquences, car elle pose une question simple : depuis quand la VAR, outil censé protéger la justice sportive, devient-elle un terrain de pressions politiques ?

Le plus troublant dans cette affaire n’est pas le changement en lui-même, mais ce qu’il révèle. En contestant la présence de Ghorbal à la VAR, ce n’est pas seulement un arbitre qui est mis de côté, mais un principe fondamental : celui du mérite. Mustapha Ghorbal n’était pas désigné pour diriger le match sur le terrain, mais pour assister, corriger, sécuriser. Et même ce rôle-là n’a pas été jugé acceptable.

Ce précédent est dangereux. Car si l’on commence à choisir les arbitres VAR en fonction des rivalités entre États plutôt que sur leur compétence, alors plus aucun officiel n’est à l’abri. Demain, chaque décision litigieuse sera interprétée comme un complot, chaque désignation comme un calcul, chaque match comme une manœuvre.

La CAF, garante de l’indépendance de l’arbitrage africain, sort affaiblie de cet épisode. En cédant à des revendications de dernière minute, elle alimente le soupçon qu’elle prétend justement combattre. Une compétition de ce niveau ne peut pas se permettre de donner l’image d’une institution qui navigue sous pression.

Ce quart de finale aurait dû être une célébration du football africain. Il restera comme un symbole de ses dérives. Car en écartant Mustapha Ghorbal de la VAR, on n’a pas protégé le match : on a fragilisé la CAN.

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